Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La mandature 1991-1996 -

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Les gouvernements de l’autonomie interne

La mandature 1991-1996

Les élections du 17 mars 1991 n’ont pas dégagé de véritable majorité. Émile Vernaudon, qui peut avec les conseillers de son parti, le Ai’a Api, donner une majorité soit à G. Flosse, soit à A. Léontieff, réunit ses présidents de sections, le 20 mars. Ceux-ci décident, par vingt-six voix contre quatre et quatre abstentions, de soutenir A. Léontieff. Entre vingt heures trente et vingt-deux heures, les serments sont prêtés : « Le peuple a décidé, nous ne reviendrons pas sur ce choix… ». En réalité, au cours de la nuit, des tractations se tiennent entre G. Flosse et É. Vernaudon. Le jeudi 21 mars, à treize heures trente, É. Vernaudon annonce qu’il opte pour l’alliance avec le Tahoera’a. Les secrétaires de sections ratifient ensuite ce nouveau choix. C’est ainsi que G. Flosse peut redevenir président du gouvernement. Après une séance pour rien le 30 mars 1991, le quorum n’ayant pas été atteint, le 4 avril il est élu par l’assemblée et présente son gouvernement qui n’est désormais plus soumis à investiture. Il obtient 25 voix contre 4 à O. Temaru, 12 conseillers de l’opposition ayant boudé la séance.
G. Flosse avait du affronter les candidatures d’O. Temaru et d’A. Léontieff.
Le premier était revenu sur le résultat des élections qui avaient vu la victoire « du conservatisme et du maintien de schémas politiques anciens révolus ». Il déplora que « la page des cadeaux électoraux, des tôles, pinex, fare ATR » n’ait pas été tournée. Il estima une fois encore que « l’implantation du CEP sur notre Terre Mère est une violation des droits fondamentaux et notamment de la résolution 1514 de l’ONU ». Il reprocha à la France de ne pas comprendre le sentiment des indépendantistes polynésiens : « Faut-il que la France soit en retard d’un siècle pour ne pas voir […] que la Polynésie peut être indépendante tout en conservant des liens ethniques, économiques, linguistiques, culturels, affectifs même avec elle ? ». Il souhaita que fût levée l’ambiguïté du statut qui enlève aux Polynésiens les compétences qu’ils devraient posséder parce qu’elles sont « naturellement, géographiquement et culturellement » les leurs.
A. Léontieff avait fait deux constatations : aucun parti n’avait obtenu de majorité (d’où la nécessité de trouver des ententes) et l’idée indépendantiste avait progressé. Il retira sa candidature en soutien aux conseillers Tetuanui et Spitz qui s’étaient retirés parce que le président Vernaudon avait refusé d’ouvrir la séance par une prière.
Quant à G. Flosse, dans un discours programme, il lança cette phrase : « que les vitres teintées des voitures officielles ne nous empêchent pas de voir la réalité des problèmes humains ». Il annonça que des mesures seraient prises pour redresser l’économie et que les autorités donneraient l’exemple en ramenant le nombre de ministères à huit et en limitant le nombre de commissions de l’assemblée à six. Il précisa : « j’ai décidé de mettre un terme à la pratique qui permettait aux membres du gouvernement de se faire attribuer des avantages supplémentaires par les Offices territoriaux qu’ils présidaient ».
L’heure semblait être aux bonnes intentions. Le 28 mars, É. Vernaudon, nouveau président de l’assemblée, avait déclaré :
« Nous donnerons l’exemple en supprimant toutes les dépenses inutiles ou somptuaires : la Maison du peuple ne saurait être plus luxueuse que la moyenne des fare polynésiens et le train de vie des élus ne doit pas faire injure à la pauvreté des plus défavorisés ».

Composition du gouvernement Flosse :
Michel Buillard Vice-Président, Ministre de la Santé, de la Solidarité, de l’Habitat et de la Recherche
Jean-Claude Teriierooterai Ministre des Postes et Télécommunications, de la Jeunesse et des Sports
Patrick Peaucellier Ministre des Finances et des Réformes administratives
Edouard Fritch Ministre de la Mer, du Développement des Archipels, des Affaires de Terres, Chargé des relations avec l’AT et le CESC
Joël Buillard Ministre de l’Education, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et des Lois du Travail
Gaston Tong Sang Ministre de l’Aménagement, de l’Urbanisme, de l’Equipement et de l’Energie
Haamoetini Lagarde Ministre de l’Agriculture et de l’Artisanat traditionnel
Pierre Dehors Ministre de la Qualité de la Vie, de la Culture, de l’Environnement et des Transports Terrestres

En raison de la rupture de l’alliance entre le Tahoera’a et le Ai’a Api, le 11 septembre 1991, Jean-Claude Teriierooterai et Joël Buillard sont démis de leurs fonctions.
De nouveaux ministres sont nommés de tendance Here Ai’a :
Marc Maamaatuaiahutapu, dit Maco Tevane, Ministre de la Solidarité, de l’emploi, de la Formation professionnelle et des Lois du Travail
Raymond Van Bastolaer, Ministre de l’Education et de l’Enseignement technique
Justin Arapari, Ministre de la Culture, de l’Artisanat traditionnel et des Postes et Télécommunications
Toni Tuteraiponi Hiro, Ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Education populaire.

De nombreuses modifications des attributions des ministres sont intervenues.
Le 9 septembre 1993, Justin Arapari et Haamoetini Lagarde démissionnent.
G. Flosse nomme de nouveaux ministres :
Nicolas Sanquer, Ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, chargé des relations avec l’AT et le CESC
Georges Puchon, Ministre de l’Economie
Noa Tetuanui, Ministre de l’Agriculture et de l’Elevage

Le 18 mai 1994, nominations et remaniements des attributions font que c’est un véritable nouveau gouvernement qui est en place, toujours sous la présidence de G. Flosse :

Michel Buillard, Vice-Président, Santé et Habitat
Maco Tevane, Culture et Artisanat
Patrick Peaucellier, Finances et Réformes administratives
Edouard Fritch, Mer, Développement des archipels, Affaires foncières et Postes et Télécommunications
Raymond Van Bastolaer, Solidarité, Emploi, formation professionnelle et Lois du Travail
Gaston Tong Sang, Equipement, Urbanisme, Energie et Ports
Nicolas Sanquer, Education et Enseignement technique, Chargé des relations avec l’AT et le CESC
Noa Tetuanui, Agriculture et élevage
Georges Puchon, Economie et Transports
Patrick Howell, Ministre de l’Environnement et de la Recherche scientifique
Toni Hiro, Jeunesse et Sports et éducation populaire

Le 2 août 1994, Toni Hiro et Maco Tevane démissionnent du gouvernement, entraînant un remaniement des fonctions de certains ministres :
Nicolas Sanquer, Ministre de l’Education, de la Jeunesse et des Sports
Patrick Howell, Ministre de l’Environnement, de la Culture, de l’Artisanat traditionnel et de la Recherche Scientifique.

Une nouvelle modification des attributions de certains membres du gouvernement intervient :
Georges Puchon, Ministre de l’Economie, du commerce et de l’Artisanat
Patrick Howell, Ministre de l’Environnement, de la culture et de la recherche scientifique, porte-parole du Gouvernement, chargé des relations avec l’AT et le CESC
Patrick Bordet, Ministre de l’aménagement, de l’urbanisme et des transports.

Le 28 juin 1995, les attributions et l’ordre protocolaire des membres du gouvernement sont modifiés et amènent notamment un changement de vice-président :
- Edouard Fritch, Vice-Président, Ministre de la Mer, du Développement des archipels et des Postes et Télécommunications
- Michel Buillard, Ministre de la Santé et de la Culture
- Patrick Peaucellier, Ministre des Finances et des Réformes administratives
- Raymond Van Bastolaer, Ministre de la Solidarité, de la politique de la ville, du dialogue social et des affaires foncières
- Patrick Howell, Ministre de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’insertion sociale des jeunes et de l’environnement, porte-parole du Gouvernement
- Gaston Tong Sang, Ministre de l’Equipement, de l’Energie et des Ports
- Nicolas Sanquer, Ministre de l’Education, de jeunesse et des sports
- Georges Puchon, Ministre de l’Economie, du commerce et de l’artisanat
- Simone Grand, ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la recherche
- Patrick Bordet, Ministre de l’aménagement, de l’urbanisme et des transports, chargé des relations avec l’AT et le CESC.

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