Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Liaison Air France Paris-Bora Bora -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Les événements marquants | 1946-1953. L’Assemblée représentative | Liaison Air France : Paris-Bora Bora

Liaison Air France : Paris - Bora Bora

30 mars 1950


Sac postal transporté à l'occasion de la première liaison Paris-Pape'ete

Les Américains avaient abandonné Bora-Bora après la guerre et le Territoire ainsi que l’État n’entretiennent pas la piste d’aviation qu’ils avaient construite. Le gouverneur Anziani l’a déploré et à montré au ministre de la France d’Outre-Mer que c’était une faute : "Du point de vue tahitien, on ne nous pardonne pas l’abandon de Bora-Bora. Les autonomistes y voient un argument favorable à leur thèse et l’aveu de notre impuissance et de notre incapacité à réaliser et enfin notre désintéressement pour ce petit territoire…
Je n’ai été que partiellement compris par une population simple qui juge surtout sur les résultats et qui plus est, aux Îles Sous-le-Vent, fief et pays natal de Pouvanaa…
" (correspondance des gouverneurs, 10 septembre 1949, archives de PF)

On remarquera qu’à cette date, Pouvanaa n’est pas encore élu député.

Anziani était très favorable au développement du tourisme. Dans ses dossiers, on trouve d’étranges rapports qui font état des propositions des compagnies aériennes américaines ou néo-zélandaises d’établir une liaison avec Tahiti. La Pan American Airways a même proposé de remettre en état la piste de Bora Bora. Or, « les autorités françaises, soucieuses de maintenir le prestige et le pavillon dans les îles françaises s’y sont refusé » (1948).

Ce rappel historique permet de mesurer la nature de « l’exploit » des pilotes d’Air France. Cette compagnie étudia la possibilité de joindre Paris à Tahiti en 1950.
Avec un DC 4 F-BELH, une mission gagna Saïgon puis La Tontouta en Nouvelle-Calédonie. De là l’avion s’envola un peu dans l’inconnu par les Nouvelles-Hébrides, Fidji et les îles Cook. Le 30 mars, il se posa sur la piste abandonnée de Bora Bora.
Le voyage apparut exceptionnel en raison du manque d’équipement sur cette route. L’équipage fut transporté à Papeete par le Catalina F-BBCB où il rencontra un accueil chaleureux.
Si la conclusion fut que la ligne Paris/Tahiti n’était pas possible dans l’immédiat, la piste de Bora Bora fut remise en état… et l’idée d’un aéroport à Tahiti commença à germer. Néanmoins, certains déplorèrent cette expérience car, elle pouvait avoir suscité « des désirs, des ambitions et des espoirs parmi les passagers possibles » (Assemblée de l’Union française, 24 octobre 1950).

(source : Jean-Louis Saquet, L’aviation à Tahiti, Papeete, Polymages, 1998)


Le 30 mars 1950, les officiels sont sur la piste abandonnée de Bora Bora pour accueillir le DC 4 d'Air France

Retour en haut de page