Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La face publique -

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Les représentants de l’Etat et l’autonomie

La face publique


De gauche à droite au premier plan : le haut-commissaire
Paul Roncière, Gaston Flosse, Jean-Jacques de Peretti,
ministre de l’outre-mer et Guy Rauzy

Avant de quitter ses fonctions, le haut-commissaire
Noirot-Cosson fait ses adieux à l’assemblée territoriale,
le 12 janvier 1983. Les négociations sur le statut d’autonomie interne s’enlisent, mais il est persuadé qu’elles aboutiront. Du coup, il donne sa vision du rôle que doit jouer le représentant de l’État, anticipant ainsi sur le futur statut :
« J’ai essayé de remplir ce rôle de HC avec la discrétion qui me paraissait s’imposer à l’heure où, par décision du Chef de l’État et du Gouvernement, la décentralisation devient effective.
Je me suis bien gardé de mener un combat inutile et sans intérêt d’arrière-garde, pour sauvegarder je ne sais quelle position de principes qui n’avaient plus leur raison d’être en cette fin de XXème siècle.
»

Ses déclarations tranchent avec l’attitude, voire le ressentiment qu’éprouvent ses successeurs. Certes, officiellement, ces derniers ont prétendu poursuivre un comportement de retrait progressif inauguré en 1977, même s’ils ont fait quelques déclarations désabusées lors de leur départ. Une seule fois, un haut-commissaire est intervenu solennellement dans la vie politique locale. Après les élections territoriales de 1986, B. Gérard a mis en garde les représentants de l’opposition (J. Juventin et Quito Braun Ortega étaient visés) qui avaient imprudemment contesté les résultats et parlé « d’entrer en résistance ». P. Roncière, plus discrètement, avait confié aux Nouvelles du 5 octobre 1994, qu’il souhaitait que « la majorité démocratiquement élue puisse s’exprimer sans entrave procédurière ». Le 2 novembre suivant, il confiait aux juristes de l’université que « les pratiques institutionnelles sont très imaginatives ». Avant de quitter la Polynésie, Jean Montpezat écrivait dans Tahiti Pacifique Magazine (février 1992) :
« [je déplore] la tentation permanente des hommes politiques de ce Territoire d’impliquer l’État de leur côté ou de se servir de l’État comme un fronton sur lequel on tape. C’est le fantasme de ce pays… »
Ici, il faut passer son temps à déminer les situations.
Quant à Michel Jau, en conflit plus ouvert avec G. Flosse, il laissa tomber ce propos : « à quoi bon me disputer encore six mois, il vaut mieux que mon successeur vienne, au moins, il aura la paix pendant six mois » (TPM, septembre 1994).
Pierre Angeli avait mis en cause l’autonomie qui n’avait pas fonctionné correctement. Pour lui, « l’autonomie interne a besoin de limites et de freins » (La Dépêche, 12 novembre 1987).
Les archives de Fontainebleau révèlent des appréciations autrement plus critiques encore, voire une franche hostilité à l’autonomie.

[J.M.Regnault]

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