Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Un enjeu entre État et Territoire -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Histoire de l'institution | 1953-1996. L’Assemblée territoriale | 1984-1996. L’autonomie interne | Les communes

Les communes

Un enjeu entre État et Territoire

Les lois sur les communes et les lois statutaires de 1977 et 1984 aboutissent à des difficultés que les rapports de Jean Chevrier et Georges Lemoine ont soulevées.
Dès 1984, les compétences de l’État et du Territoire s’entrechoquent, comme s’entrechoquent les personnalités qui les représentent.
Fallait-il garder des représentants de l’État dans les archipels (des chefs de subdivision) ? Le SEOM a hésité. Le haut-commissaire B. Gérard en a profité pour tenter de contrer la volonté du gouvernement local d’avoir sa propre administration dans les archipels.

Les administrateurs d’État jouaient (et jouent encore en 2010) un rôle important vis-à-vis des communes qui n’avaient pas les cadres suffisants pour les gérer. Les communes risquaient de voir dans la suppression de ces administrateurs le signe d’un désengagement de l’État. Une mission envoyée sur place conclut qu’il serait opportun que les administrateurs d’État soient des Polynésiens ayant reçu un bon niveau de formation, à l’image de Jacques-Denis Drollet, administrateur des Australes. « Perpétuer la nomination d’expatriés à tous les postes de responsabilités pourrait être interprété comme une survivance du fait colonial ». (Art. 42, rapport de mission au ministère de l’Intérieur, 20 décembre 1984).
B. Gérard veut mettre en évidence ce qu'il considère comme dangereux si les administrateurs d’État étaient supprimés :
« Il apparaît en effet que le préjudice politique et psychologique qui résulterait de tout retrait dans les circonstances actuelles serait sans commune mesure avec l’économie qui en découlerait.
Quant à l’effort psycho-politique nuisible aux intérêts de l’État, il suffit d’évoquer l’effet que ne manquerait pas de produire sur l’opinion, la concomitance entre le départ de l’administrateur et l’arrivée dans les locaux mêmes qu’il viendrait de quitter d’un représentant du Territoire ainsi qu’il est dans les intentions du Territoire d’en instituer un.
» (1)

Les rivalités entre les administrateurs d’une même subdivision ont parfois revêtu des aspects cocasses lorsque tous les deux voulaient montrer que l’un servait mieux les intérêts des maires ou des populations que l’autre.

(1) CAC, Fontainebleau, 950147, Art. 42, lettre du haut-commissaire au SEOM, 16 décembre 1985.

Un enjeu entre État et Territoire 0 < Des communes victimes de la centralisation ? 1 < Le rapport de Jean Chevrier décembre 1990 2 < Rapport Lemoine sur les communes de Polynésie française 1995 3 < Les élections municipales de 1989 4 < Les élections municipales de 1995 5

Retour en haut de page