Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Tutaha Frédéric Salmon (1929-2002) -

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Tutaha Frédéric Salmon (1929-2002)

Né le 11 février 1929. Il était le fils adoptif du chef de district de Tautira, Tevaeari, connu sous le nom de Raiarii.
Lui-même fut élu maire de la commune de Taiarapu-Est, composée de plusieurs communes associées, dont celle de Tautira, en 1972, l’année où les communes furent généralisées. Il fut constamment réélu, mais perdit son fauteuil aux municipales de 2001. Malade depuis un moment, il décéda le 21 septembre 2002. Ce que T. Salmon écrivait de son père donne une idée de sa conception du tavana :
"Ce glorieux personnage de Tahiti a recueilli Tutaha auprès de lui afin de lui enseigner l’art de diriger avec sagesse et générosité… Il régnait en despote éclairé sur tout le village de pêcheurs de Tautira… Tout naturellement, Tutaha devait lui succéder (Bulletin communal, janvier 1990)."

Compagnon de route de G. Flosse, il entra à l’assemblée territoriale en 1972. Il retrouva son siège en mai 1982.
Fidèle du Tahoera’a, il accepta cependant difficilement dans un premier temps, l’engagement de G. Flosse pour un statut d’autonomie interne en 1980. Comme la plupart de ses compagnons, il se rallia à cette idée.

En juin 1981, il fut le suppléant de G. Flosse à la députation. Élu député le 29 août 1982, dès le premier tour, à l’élection législative qui suivit la démission de G. Flosse, il démissionna de son siège à l’assemblée territoriale.
À l’Assemblée nationale, il se fit le porte-parole de G. Flosse pour défendre le statut que ce dernier revendiquait.
Quand G. Flosse dut se retirer de la présidence du gouvernement, il soutint A. Léontieff, arguant que sa commune avait besoin de l’appui du nouveau gouvernement. Il se rapprocha ensuite de G. Flosse.

Son engagement pour soutenir le développement du va’a a contribué à sa popularité et à sa carrière politique, bien que dans un premier temps il ait été mal compris. Gaston Flosse lui aurait dit : "mais tu perds ton temps avec la pirogue, occupe toi plutôt de la politique !". T. Salmon lui aurait répondu : "je ne peux pas les laisser tomber (1)".
C’est 1948 qu’il préside une société sportive Maire Nui (2). En l'absence de "fédération française de courses de pirogues", les responsables polynésiens optent pour la mise en place d'une "Ligue", dont le président est T. Salmon.
Une course de pirogue a lieu à Hawaii, la Molokai - Honolulu Canoe Race. Les piroguiers de Tautira décident se s’y préparer et entraînent d’autres équipes. Malgré les difficultés financières et l’absence de subventions, sans doute pour des questions politiques, T. Salmon réunit les conditions pour envoyer des équipes en 1976. Après une domination des équipes tahitiennes, le monde politique commence à s'intéresser plus attentivement aux pratiques de la pirogue polynésienne, ce qui favorisa l’ascension politique de T. Salmon
Le gouverneur Charles Schmitt était d’ailleurs très ami avec T. Salmon et faisait fréquemment du bateau avec lui dans le Pari.

T. Salmon fut également chef d’entreprise. Il fonda Secosud, le deuxième centre de production d’énergie de Tahiti. Il se lança également dans la perliculture aux Tuamotu.

(1) Voir la thèse d’Yves Leloup, Des courses de pirogues au va’a – culture sportive occidentale et identité polynésienne (Université de la Polynésie française, thèse soutenance à Lyon I, 4 décembre 2007).
(2) Maire Nui signifie la "grande fougère". C’est une association multi-sports qui englobe alors des pratiques telles que football et le basket-ball.

[J.M.Regnault]

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