Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les négociations pour un nouveau statut d’autonomie interne 1981-1984 -

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Les négociations pour un nouveau statut d’autonomie interne 1981-1984

Rappel des positions des différents camps politiques

1977 était le retour à une autonomie brisée en 1958. Le nouveau statut était le fruit d’un compromis entre les différentes forces politiques locales et le gouvernement de la République ainsi que d’un calcul électoral du président de la République. Dans la perspective d’une élection présidentielle difficile en 1981, Valéry Giscard d’Estaing cherchait à se constituer une clientèle outre-mer. De fait, F. Sanford et J. Teariki (ayant soutenu le leader socialiste en 1974) appelèrent, en 1981, à ne pas voter pour F. Mitterrand qui promettait pourtant de faire évoluer le statut. Voir Le candidat à la présidentielle de 1981.
Les autonomistes au pouvoir semblèrent s’accommoder du statut, par réalisme peut-être, eux qui n’avaient pas hésité à se réclamer d’une idéologie indépendantiste (1). Ainsi, F. Sanford déclara-t-il : “l’indépendance est une chose importante, mais je ne la crois pas opportune à l’heure actuelle” (La Dépêche de Tahiti, 17 novembre 1981). Déjà, en 1978, il avait considéré qu’il fallait d’abord obtenir l’indépendance économique avant l’indépendance politique. Il expliquait qu’il avait menacé de demander l’indépendance si la République n’accordait pas un nouveau statut. « Ayant obtenu cette réforme, dit-il, je préfère la mettre entièrement en œuvre pour bâtir sainement l’avenir du pays plutôt que de ruiner pour longtemps cet avenir par une décision irréfléchie ». Tout comme D. Millaud, il renvoie l’indépendance à plus tard (2).


De gauche à droite, Gaston Flosse, Jacky Teuira, Emile Vernaudon

Depuis la mort du président Samuel Raapoto, l’Église évangélique s’est orientée vers un engagement en faveur de l’indépendance. Le secrétaire général John Doom le reconnut en considérant que l’autonomie était « un point de départ vers l’indépendance » (Les Nouvelles, 14 février 1979).
Les formations indépendantistes restèrent minoritaires mais se firent entendre de plus en plus (election de trois conseillers du Ia Mana en 1982 et élection d'Oscar Temaru à la maire de Faaa en 1983).

Quant à G. Flosse, son évolution s’accéléra à partir de 1980 (G. Flosse devient autonomiste). Surtout, il sut convaincre son propre parti de Polynésie et le RPR national. Début décembre 1980, une dépêche de l’AFP rapporta que, pour le RPR, si les TOM devaient rester dans l’ensemble français, « il y a lieu de mettre en harmonie le droit et le fait dans la nécessaire évolution du Territoire » (La Dépêche, 10 décembre 1980).
En soutenant la candidature de J. Chirac, le Tahoera’a cherchait donc à obtenir un nouveau statut, avec davantage d’autonomie que celle obtenue quatre ans plus tôt.

Valéry Giscard d’Estaing laissa entendre que le statut était « un commencement et non un aboutissement ».

Ce fut cependant F. Mitterrand qui s’engagea le plus dans les promesses statutaires puisqu’il proposait de supprimer « les pouvoirs exorbitants du haut-commissaire » et souhaitait que le chef de l’exécutif soit un élu local, « librement choisi ». Il promit également une négociation pour aboutir au statut souhaité par la majorité des électeurs.
En ce sens, l’élection de F. Mitterrand fut une chance pour les projets de G. Flosse.

(1) En février 1977, Francis Sanford avait déclaré : « Pour moi, l’autonomie interne, c’est dépassé ; désormais je lutterai pour l’indépendance" (in Mazellier P., De l’atome à l’autonomie, Papeete, Éditions Hibiscus, 1979, p. 542).
(2) PV de l’AT, 30 novembre 1978.

[J.M.Regnault]

Les négociations pour un nouveau statut d’autonomie interne 1981-1984 0 < L’élection de François Mitterrand : une chance pour Gaston Flosse 1 < Des négociations qui s’enlisent malgré un certain optimisme 2 < Ne pas trop faciliter la tâche de Gaston Flosse 3 < Nouvel enlisement des négociations en 1983 4 < 1984 : l’année du changement de statut 5 < Qui profite politiquement de la mise en œuvre de l’autonomie interne ? 6

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