Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le tahitien, seconde langue officielle -

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Le tahitien, seconde langue officielle


Jacqui Drollet, ardent défenseur
de la langue locale

Réuni le 29 novembre 1978, le conseil de gouvernement décide d’utiliser les compétences que le statut lui donne (1). F. Sanford publie un communiqué (extraits) :

"Le statut a rendu à notre peuple le droit de régler lui-même ses propres affaires et de vivre comme il l’entend.
Il m’apparaît qu’il reste un domaine essentiel qu’il nous faut organiser pour que nos efforts puissent porter tous les fruits que nous attendons. Ce domaine est celui de l’information pleine et entière de la population au sujet des travaux de ses élus et des décisions qu’ils prennent. Ces travaux et ces décisions ne peuvent être efficaces que si tous les habitants du Pays en connaissent clairement le sens et la teneur.
C’est pourquoi je vous propose de déclarer la langue tahitienne langue officielle de la Polynésie française, au même titre que la langue française.
Cela impliquera la publication simultanée en français été en tahitien, des actes officiels et des travaux qui les auront préparés.
Cela impliquera également le droit, pour les élus locaux d’utiliser s’ils le désirent la langue tahitienne dans les débats de leurs assemblées respectives, assemblée territoriale et conseil de gouvernement inclus (2).
Ainsi, dans notre Pays, nul ne sera plus censé ignorer la loi et, en rendant à notre langue sa dignité première au niveau le plus élevé, nous lui rendons le « mana » grâce auquel la vie de la Polynésie redeviendra celle de chacun de ses habitants.
"

Le conseil de gouvernement reprend la discussion de ce dossier le 26 novembre 1980 et le vice-président arrête la décision le 28 novembre. Celle-ci est publiée au JOPF du 30 novembre 1980.

Les interventions en langue tahitienne deviennent de plus en plus nombreuses à l’assemblée depuis le discours de Jacqui Drollet qui se présente contre G. Flosse à la vice-présidence le 2 juin 1982. Il défend la langue locale :
"Ce pays est le pays des Maohi, la langue de ce peuple est la langue maohi. Est-il concevable, est-il convenable que l’avenir de ce peuple soit pensé, débattu et décidé dans une autre langue que la sienne ?
Qu’est-ce qu’un peuple sans langue ? Un homme sans voix, une existence sans âme. La langue c’est l’instrument de l’identité d’un peuple, c’est le véhicule de son savoir, de sa sagesse, de sa culture…
"

(1) Toutes les matières non réservées explicitement à l’État étant de compétence territoriale, les élus du Territoire ont considéré que la langue officielle du Territoire était de leur compétence.
(2) On se souvient que l’intervention de Pouvanaa a Oopa à l’assemblée, le 5 octobre 1972, avait fait scandale et choqué le gouverneur. Voir Le discours en tahitien de Pouvanaa qui fit scandale, 5 octobre 1972.

[J.M.Regnault]

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