Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - 1989 visite de M.Rocard -

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1989 visite de M.Rocard

Tout le monde croit que Michel Rocard, Premier ministre en visite à Papeete (voir doc) en août 1989, est l’auteur de la formule « Qui paie contrôle ». Dans Les Nouvelles du 28 octobre, un lecteur écrivait que M. Rocard « a osé déclarer » une telle chose, chose qui serait « néo-colonialiste ».
Or, ce n’est pas comme cela qu’il faut considérer les déclarations de l’ancien Premier ministre. Les archives de RFO en témoignent. M. Rocard a bien cité un dicton (« qui paie contrôle ») pour ajouter aussitôt : « vous m’avez demandé moins de contrôle et de payer davantage ». Et ce qui suit est exactement le contraire du dicton. Il poursuit en effet par ces propos : « vous avez mon accord philosophique » [pour avoir moins de contrôle]. Il rappelle de plus : « je suis le père intellectuel de la décentralisation » [qui suppose davantage de responsabilités aux élus].
Ainsi M. Rocard a-t-il cité un dicton, pour s’en démarquer immédiatement.
Mais le Premier ministre est sans doute plus « politique » qu’il n’y paraît. D’abord il a lancé la formule, puis il la contredite… pour terminer sur cette nuance que la décentralisation n’exclut pas une gestion de plus en plus économe et de plus en plus rigoureuse, fondée sur la capacité du Territoire à fonder sa propre richesse [il pensait notamment aux ressources halieutiques]… Faut-il ajouter qu’on est loin, vingt ans après d’avoir exaucé les vœux du visiteur ?
Et l’Histoire est plus capricieuse encore qu’on ne l’imagine… À force de ressasser des formules sorties de leur contexte, on fait croire à des générations entières qu’elles ont bien entendu telle ou telle chose et dans le sens qu’on se plaît à indiquer. Les auteurs des formules eux-mêmes finissent par ne plus s’y retrouver. Il y a quelques années, M. Rocard confiait qu’il était fier d’avoir utilisé la formule… dans le sens retenu par tout un chacun !

[J.M.Regnault]

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