Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Jean-Baptiste Heitarauri Céran-Jérusalémy -

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Les présidents de l’assemblée

Jean-Baptiste Heitarauri Céran-Jérusalémy

Né le 4 février 1921 à Papeete. Il fréquente les écoles catholiques puis l’École centrale. Renvoyé de cette dernière, il est embauché au Service des Travaux publics. En 1939, il travaille à l’Imprimerie officielle.

Pendant la guerre, il est mobilisé le 15 septembre 1941 à la Compagnie Autonome d’Infanterie Coloniale (la CAICT). Il est démobilisé le 1er janvier 1944 et retourne à l’Imprimerie.

Il est très affecté par la mort mystérieuse, le 12 décembre 1946 de son oncle Lucien, qui enquêtait sur les détournements au Service du ravitaillement à Bora Bora. Selon son témoignage, ce drame l’aurait décidé à entrer en politique.

Par l’intermédiaire d’Anthelme Buillard, il rencontre le docteur Florisson qui avait été désigné médecin-légiste après le décès de Lucien. Les trois hommes décident de créer une structure politique dont Pouvanaa prendrait la tête, ce qui fut fait le 27 février 1947 avec le Comité Pouvanaa, dont J-B. Céran-Jérusalémy devient le secrétaire. Il prend une part active lors de l’affaire du Ville d’Amiens et crée le RDPT avec Pouvanaa.

Il apparaît vite comme le « second » de Pouvanaa, celui qui organisait le parti sur les conseils du communiste Georges Lachenal, conseiller à l’Assemblée de l’Union française
Il est élu conseiller de l’assemblée territoriale en janvier 1953 et est élu président de celle-ci le 14 mars. Il est également élu conseiller à l’Assemblée de l’Union française.

Ses méthodes lui valent vite des inimitiés hors et dans son parti. Il perd la présidence de l’assemblée en octobre 1953.

Au congrès du RDPT de novembre 1956, il persuade Pouvanaa d’abandonner la présidence du parti à son profit. À ce poste, il se fait de nouveaux adversaires et, tandis que se prépare l’application de la loi-cadre, une rivalité idéologique et personnelle oppose les deux leaders. Sans doute le jeune Céran-Jérusalémy espérait-il pouvoir diriger le Territoire doté de nouvelles institutions qui, un jour déboucheraient sur « une République de Tahiti dans l’Union française », une sorte d’État associé. Il explicite sa position dans un numéro de Te Aratai de 1958 et parle « d’indépendance purement intérieure » (autonomie ?) et utilise la formule d’Edgar Faure « indépendance dans l’interdépendance ».

Cependant, il est écarté de la vice-présidence du conseil de gouvernement en décembre 1957, au profit de Pouvanaa et doit se contenter de la présidence de l’assemblée où il ne facilite pas le travail du gouvernement local. Il milite pour que soit établi un impôt sur le revenu, ce qui entraîne les manifestations des 29 et 30 avril 1958.

Les divergences avec Pouvanaa s’accentuent, notamment sur les relations futures avec la France et sur le calendrier qui permettrait d’arriver aux buts que les deux leaders s’assignent.
Le RDPT se scinde en deux tendances autour des deux leaders. Les coups bas se multiplient de part et d’autre. J-B. Céran-Jérusalémy perd la présidence de l’assemblée le 27 mai 1958.

La réponse à apporter au référendum annoncé par le général de Gaulle divise encore davantage le parti qui tient deux congrès séparés en juillet 1958. J-B. Céran-Jérusalémy est exclu du RDPT et crée alors le RDPT-Te Aratai qui défend le OUI au référendum.

Il réussit à se faire élire conseiller à l’assemblée territoriale en 1962, seul élu d’une liste recueillant 5, 28 % des voix aux Îles du Vent, mais son parti, devenu le Pupu Tiama Maohi (PTM) en 1961, ne décolle pas. Son opposition au CEP, du reste assez ambiguë, ne lui apporte pas de soutiens nouveaux. De plus, le Gouvernement français dissout son parti en même temps que le RDPT en novembre 1963. En risquant l’accusation de reconstitution de ligue dissoute, J-B. Céran-Jérusalémy crée presque immédiatement un nouveau parti, toujours avec le sigle PTM signifiant cette fois Pupu Tahoeraa Maohi. Poursuivi par la Justice, il est relaxé (22 septembre 1964) au motif que la ligne politique du leader est si difficile à suivre qu’il n’est pas possible d’affirmer qu’il s’agit d’une pure et simple reconduction d’un parti ayant été dissous.

J-B. Céran-Jérusalémy n’est pas réélu en 1967. Dès lors son activité politique qui ne cesse pas ne se traduit par aucune construction solide, mais par une pensée erratique qui le conduit à soutenir pour de courtes périodes à peu près tous les leaders politiques du Fenua. Il crée de brèves formations politiques avec ceux qui ont été ses adversaires politiques les plus déterminées. Par exemple en 1969, puis encore en 1972, il s’allie avec A. Poroi. En 1974, il fonde un mouvement avec Germain Lévy qui avait fait capoter son projet d’impôt sur le revenu en 1958 et les deux hommes rejettent ensemble toute idée d’évolution statutaire. Il a adhéré en son temps à la Convention des Institutions Républicaines, un club qui a préparé la candidature de F. Mitterrand à la conquête de la Gauche française non communiste. Ses positions sur l’impôt ont, elles aussi, été changeantes.

Il a eu une part très importante dans la naissance et le développement du syndicalisme chrétien CFTC après-guerre, en partie grâce au soutien de Monseigneur Mazé. Les gouverneurs se sont plaints de l’utilisation politique qu’il faisait des syndicats. Il a créé également des coopératives, autre moyen de renforcer l’action politique en luttant contre les monopoles des riches hommes d’affaires, ses adversaires politiques. Le mouvement coopératif n’a pas atteint ses objectifs, cependant la Coopérative des Travailleurs Tahitiens qui s’est ensuite appelée Coopérative Pouvanaa a Oopa a longtemps prolongé son activité et existe toujours.

Après l’arrestation et la condamnation de Pouvanaa, J-B. Céran-Jérusalémy a cherché à renouer le contact avec le Metua et s’en est fait le défenseur, regrettant les démêlés des années 1957-58.

Voir le mémoire qu’il a publié en 2001 : Jean-Baptiste Céran-Jérusalémy, Des souvenirs de 1921 à nos jours (sans date et sans mention d’éditeur)

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