Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Jean Florisson (1910-1996) -

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Jean Florisson (1910-1996)

Né en 1910 dans les Landes.

Docteur en médecine, il vient dans les ÉFO comme médecin engagé par la Compagnie des phosphates de Makatea. Il s’installe à Tahiti.

René-Raphaël Lagarde, dans un article de Te Aratai, trace un portrait du docteur. Il avait été séduit par les théories d'Action française et y adhéra avec "toute l'impétuosité de sa jeunesse". Le docteur Florisson, "secrétaire du Syndicat des Médecins de France" s'est attaqué aux privilèges des médecins militaires, lesquels lui ont voué une haine inexpugnable. II a été l'avocat des causes indéfendables. Par exemple, avant la guerre, un scandale a éclaté à Papeete, l'affaire Kong-Ah. Personne ne voulant assurer la défense de l'accusé, Florisson a été désigné (mais il était consentant) avocat d'office.

Médecin des pauvres, il s'intéresse à tout ce qui pourrait être réformé à Tahiti pour que ce soit réellement un paradis.

Pendant la guerre, il est incarcéré pour activités pro-vichystes.

Après la guerre, il se lie avec Jean-Baptiste Céran-Jérusalémy et rencontre Pouvanaa. Noël Ilari écrit que J. Florisson "resta l'éminence grise du Comité Pouvanaa et le conseiller intime de Pouvanaa et de Céran-Jérusalémy". Il n’apparaît pas en effet dans l’organigramme du Comité Pouvanaa, mais joue un rôle important. C’est lui qui conduit Pouvanaa à s’inscrire au groupe Paysan à l’Assemblée nationale.

Il se présente sans succès aux élections territoriales de janvier 1953 dans la circonscription des Marquises Nord. Cependant, il inspire à J-B. Céran-Jérusalémy le projet de départementalisation. De plus, l’assemblée l’élit sénateur, poste qu’il occupera jusqu’en 1958.

Au Conseil de la République, ses interventions se font dans un style particulier et cet homme toujours agité fait rire ses collègues, comme en témoignent les procès-verbaux des débats avec des phrases comme celles-ci : "il ne s'en faut même pas d'un Richelieu, l'autre" ou "la loi-cadre vous permettra paulo majora canamus de nous débarrasser de ce carcan" ou encore "Tahiti reste la plus belle planque pour éviter déclarations de revenus, prélèvements de 4e et 5e quarts" et enfin "est-ce croyable qu'il y ait à Tahiti matière à indemnité de dépaysement ? et pourquoi pas une indemnité de scène de ménage ?"

Il dresse un sévère bilan des institutions du Territoire, critique les gouverneurs, "ces vice-rois", ces "mal convaincus, pour ne pas dire des saboteurs de toute la législation d'Outre-Mer qu'ils sont chargés d'appliquer...", cite leurs nombreux abus de pouvoir. "On n'a que trop souvent conféré, dit-il, des pouvoirs de satrape à des gens qui auraient plutôt été faits pour obéir que pour commander". Il s'en prend à l'absence d'impôt sur le revenu qui permet de "stupéfiantes escroqueries". L'ensemble de ses critiques peut se résumer dans cette formule qu'il emploie : "il se passe des choses bizarres à Tahiti". Tout son discours reflète l'homme formé à l'Action française : dénonciations en tout genre, populisme et humour grinçant.

Le 8 juin 1958, les divisions du RDPT lui font perdre le siège de sénateur.

Il a été conseiller territorial de 1957 à 1962. Tandis que Pouvanaa est en prison en métropole, le RDPT se déchire toujours davantage. Jean Florisson apparaît-il comme voulant un rapprochement avec J-B. Céran-Jérusalémy ou gêne-t-il tout simplement ? Marcel Oopa aurait dit de lui : « il faut se débarrasser de Florisson parce qu’il est trop intelligent et qu’il peut nous rouler un jour ». De fait, il est exclu du RDPT en 1961. Il rentre ensuite en métropole où il décède en mai 1996.

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