Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Antony Pierre Tetuanui Pootahi Bambridge (1895-1964) -

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Personnalités politiques

Antony Pierre Tetuanui Pootahi Bambridge, dit Tony

Né le 1er août 1895. Travaille très jeune comme coiffeur, puis apprend la tonnellerie. Il participe à la Première guerre mondiale. Il est blessé au Chemin des Dames. De retour à Papeete, il exerce différents métiers puis ouvre une boutique dont le nom s’inspire de sa participation aux combats : « Le Chemin des Dames ». Il revend ce commerce et devient gérant du « Cinéma Moderne ». Il passe plusieurs films par semaine et même le dimanche, ce qui à l’époque, suscite le mécontentement des Églises. Diverses circonstances lui permettent de se lancer dans les affaires : des plantations et une maison d’importation. À la fin de la guerre, il achète un grand immeuble, puis le cinéma « Bambou ».

Parallèlement à ses affaires, il joue un rôle politique important. En août-septembre 1940, il participe au Ralliement à la France libre. Après guerre, il soutient activement le pasteur Vernier qui est élu à la 1ère Constituante, puis G. Ahnne dont il dirige la campagne. D’après Lassalle-Séré, Tony Bambridge se serait enrichi pendant la guerre et disposait d’un réseau de correspondants qui faisait de lui l’homme le mieux informé du pays, sa générosité (grâce à ses profits) lui assurant une certaine popularité.

Il succède à G. Ahnne au conseil privé du gouverneur.

Il entre en contact avec Jacques Foccart et les deux hommes entretiendront une correspondance suivie. J. Foccart est informé des évolutions politiques du Territoire et T. Bambridge reçoit des conseils. Pour autant, T. Bambridge joue un rôle efficace mais discret pour combattre le RDPT.

Dès qu'il est nommé responsable du RPF pour l'Union française, en avril 1950, J. Foccart contacte T. Bambridge pour "constituer ou plutôt reconstituer le RPF". Il espère trouver un délégué territorial.

Cependant, Tony Bambridge soutient l'UDSR, en partie à cause des liens qu'il a tissés avec R. Lassalle-Séré. Dans la correspondance qu'il entretient avec J. Foccart , T. Bambridge joue sur deux tableaux. Il semble vouloir créer un vaste mouvement gaulliste, mais explique que les conditions ne sont pas réunies et qu'il vaut mieux éviter de compromettre les chances d'une future organisation. J. Foccart se rallie à cette position en soutenant qu'il est inutile que le RPF ait un candidat pour les élections législatives de 1951 et appuie de ce fait Maître Hoppenstedt (leader de l’UDSR). Il est vrai que le RPF local connaît des turbulences. T. Bambridge qui a promis son soutien financier reste prudent et, en effet, le comité provisoire du RFP est dissous par le général de Gaulle à la suite de comportements contraires aux statuts des membres du comité. T. Bambridge s’engage alors plus fortement dans l’UDSR mais entre en désaccord avec Maître Hoppenstedt et fonde l’UDSR 2. Deux partis UDSR s’opposent ainsi jusqu’à une nouvelle entente en 1957.

Il réussit à imposer son fils au sein de l'UDSR, et le pousse à être candidat aux législatives de 1956 contre Pouvanaa. Du coup, les partisans du RPF dénoncent le "multimillionnaire" qu'est T. Bambridge auprès de Foccart qui reste insensible à ces accusations.

Le RDPT voit en T. Bambridge un adversaire redoutable et dénonce la mainmise qu’il exercerait sur l’assemblée territoriale dont il n’est pourtant pas membre.

En 1958, T. Bambridge appuie la recomposition de l’opposition au RDPT et la fondation de l’UTD. Il soutient le OUI au référendum. Après le succès du OUI, il intervient auprès du gouverneur Bailly pour qu’il dissolve le conseil de gouvernement dirigé par Pouvanaa. Quel rôle joue-t-il lors des événements qui mènent à l’arrestation de Pouvanaa ? Lors du procès de ce dernier, un témoin l’accuse d’avoir manipulé Maruhi, un personnage trouble. La Justice n’a pas retenu ce témoignage.

Il consacre une partie de sa fortune à des œuvres de charité et en particulier au centre de soins des lépreux d'Orofara.

T. Bambridge décède à Los Angelès le 29 juillet 1964.

[J.M.Regnault]

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