Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Jacques-Denis Drollet -

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Les élus remarquables

Jacques-Denis Drollet

Né le 6 décembre 1923 à Papeete.
Le directeur de l’Ecole centrale, Roger Gillot incita les garçons à s’engager pour combattre les ennemis de la France.

Il s’engagea donc à 17 ans dans les Forces Navales Françaises Libres et combattit pendant toute la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les îles Salomon (par exemple dans les îles Guadalcanal et Bougainville), sous les ordres de l’amiral américain B. Halsey, chef de la 3ème flotte US. Il appartenait en effet à une unité de « liaison » franco-américaine. Il fut également en mission sur le croiseur léger Triomphant qui participa à l’évacuation des îles à phosphates de Nauru et Ocean Island, au nez et à la barbe des Japonais.
Son attachement à la cause gaulliste devint un élément fondamental de sa vie politique.
Après la guerre, sous l’impulsion encore une fois de R. Gillot, il reprit des études puis partit en métropole préparer le baccalauréat. Il entra ensuite à l’école normale de Toulouse. Il entama une carrière d’instituteur à Tahiti et dans les îles et dirigea le syndicat de cette profession. Il se rapprocha de Pouvanaa plutôt que des gaullistes des ÉFO, estimant que seul le député incarnait réellement le peuple tahitien. Il entra au RDPT en 1956 et fut élu aux IDV aux élections territoriales du 3 novembre 1957.
Il fut nommé chef de cabinet du ministre de l’Éducation W. Grand et accepta difficilement les injonctions de J-B. Céran-Jérusalémy qui, président de l’assemblée et président du RDPT, exigeait un rapport quotidien sur l’activité des ministères. Les deux hommes s’opposèrent fréquemment durant leur carrière politique.
J-D. Drollet prépara la délibération sur l’impôt sur le revenu (voir Un débat récurrent) qui finalement ne fut pas adoptée par l’assemblée. Lors du comité directeur du RDPT du 1er septembre 1958 qui débattait du référendum prochain, J-D. Drollet s’abstint de prendre parti, mais il avait essayé vainement de convaincre Pouvanaa que son intérêt était de voter OUI.
Après le référendum, il mit encore Pouvanaa en garde contre les dérapages possibles et l’incita à quitter provisoirement Papeete, là aussi sans résultat.
Après l’arrestation de Pouvanaa, il chercha à calmer le jeu politique et, en raison du retour au pouvoir du Général, souhaita que l’assemblée adoptât un vœu proclamant que « la Polynésie restât à jamais partie intégrante de la République française ». Pendant la discussion sur le rapport de Gérald Coppenrath qui devait mettre fin à l’application de la loi-cadre, il parla au nom du RDPT qui avait renoncé au projet de départementalisation. Il s’inquiéta surtout de la poussée démographique et des conséquences que cela aurait sur le plan social. Il posa la question de savoir comment le Territoire ferait « sans le concours financier de la France ».
Au cours du procès de Pouvanaa, J-D. Drollet expliqua que les militants RDPT se sentaient menacés par les bulldozers de G. Lévy, qu’il pensait à une manipulation et il fut, avec Jacques Tauraa, l’un des seuls responsables politiques à défendre avec énergie le député.

Les procès-verbaux de l’assemblée portent témoignages des interventions de J-D. Drollet parfaitement étudiées et argumentées, que ce soit pour l’intégration des Chinois ou pour la révision du statut.

Sur son rôle dans la location gratuite de Moruroa et Fangataufa à l’État, (voir Quel loyer pour Moruroa et Fangataufa ?). Cette affaire marqua profondément J-D. Drollet qui assuma courageusement la décision du 6 février 1964, alors que beaucoup d’élus n’avaient pas osé aborder franchement le problème. Dans un plaidoyer pro domo il expose fort clairement la façon dont le général de Gaulle le conduisit à accepter de jouer le rôle qu’il a tenu .

Après la dissolution du RDPT il n’adhéra pas au Here Ai’a. Il voulait « sortir le RDPT de ses cendres », car il pensait que, passé l’orage, le parti pouvait se reconstituer. L’appellation « Rassemblement Des Populations Tahitiennes » lui convenait parfaitement. C’était un héritage de la gauche qu’il affectionnait. Il regretta que la plupart des anciens leaders du RDPT aient cherché à se débarrasser de cet héritage. Ses efforts n’ayant pas abouti, il ne se représenta pas aux élections de 1967.

Il poursuivit sa carrière d’enseignant et géra le Service de l’Éducation territorial pendant quinze ans, apportant des réformes significatives pour l’amélioration du système scolaire local. Il fut aussi administrateur d’État et administrateur territorial des îles Australes.

Sa vie personnelle fut bouleversée par la disparition brutale de deux de ses enfants.

[J.M.Regnault]

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