Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les conséquences politiques de la réforme -

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La réforme communale de 1971

3) Les conséquences politiques de la réforme

L’institution communale a-t-elle été bien reçue ?
Les sources nous donnent des réponses contrastées.
Les réflexions désabusées - ou conservatrices ? - de F. Sanford étaient symptomatiques des réactions des autonomistes qui se sentirent floués par la réforme :
« Je ne crois pas que les gens seront heureux lorsque les îles et les vallées seront érigées en communes. Je ne crois pas que les habitants de Faaa, par exemple, qui est actuellement une commune, soient plus heureux que les habitants de Rangiroa ou ceux des Marquises. Le fait de devenir commune entraîne naturellement de nouvelles charges, de nouveaux impôts, d'autres embêtements » (1).




John Teariki, maire de Moorea


Or, il semble que la réforme avait été plutôt bien accueillie finalement. Les élections municipales des 2 et 9 juillet 1972 auraient
suscité un « vif intérêt dans les districts » . Les résultats de ces élections doivent toutefois être examinés avec prudence. Beaucoup d’anciens chefs de districts avaient été élus maires (comme Robert Pea à Punaauia) ou maires délégués (comme Joseph Lehartel à Pueu).

R. Pea fit campagne en soulignant le mépris que les élus de l’assemblée manifestaient à l’égard de ceux « qui se souciaient des petites difficultés de tous les jours dans les districts » (2). Les politiciens les auraient considérés comme « ridicules » de vouloir tenter d’améliorer les choses avec si peu de moyens (3).

Les nouveaux maires de Taiarapu-Est, de Punaauia, de Paea, de Papara, de Mahina et les maires-délégués de Mataeia et de Faaone déclarèrent que « pendant cinq ans [la mandature de l’assemblée territoriale 1967-1972] leurs districts avaient été trop négligés au profit d’autres régions ou au profit d’opérations considérées comme électoralement plus rentables » (4). Deux mois plus tard, les élections territoriales confirmèrent que les autonomistes perdaient une partie de leur audience.

Ainsi, les autonomistes agirent maladroitement en s’opposant à la réforme et leurs adversaires surent en profiter.
Les communes passaient sous la tutelle de l’État, mais de nombreux problèmes restaient en suspens.

(1) PV de l’AT, 17 avril 1972.
(2) G. Flosse dans La Dépêche du 28 mai 1972.
(3) Cité par Philippe Mazellier, Tahiti, de l’atome à l’autonomie, 2ème édition, 1989, p. 426.
(4) La Dépêche, 29 juillet 1972.

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