Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Vers le soutien aux autonomistes (1954-1958) -

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F.Mitterrand et la Polynésie française

Vers le soutien aux autonomistes (1954-1958)

Les calculs politiques et les évolutions des idées se conjuguent chez F. Mitterrand et son parti. En 1952, dans un éphémère gouvernement d’Edgar Faure, F. Mitterrand prépare le statut d’autonomie interne de la Tunisie. L’expression est lâchée.
Dès 1954, le parti de F. Mitterrand réclame « clairement l’autonomie interne » (Éric Duhamel) pour les territoires d’outre-mer. Ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Pierre Mendès France, il évolue encore en comprenant que l’empire ne peut être maintenu en l’état. É. Duhamel affirme que l’UDSR « peut légitimement se prévaloir d’avoir été […] la principale source d’inspiration » de la loi-cadre de Gaston Defferre.

Certes, la section locale de l’UDSR – contrairement à la formation nationale - se replie sur la défense de la présence française et de la bourgeoisie tahitienne, avec Maître Hoppenstedt, Nedo Salmon et Rudy Bambridge. La plupart des hommes qui en font partie s’orientent vers un soutien au général de Gaulle, de telle sorte que l’ancêtre du Tahoeraa, n’est pas le RPF –qui n’a jamais bien fonctionné localement (1)  - mais l’UDSR née avec l’appui de François Mitterrand (voir De l’Union Tahitienne Démocratique (UTD) au Tahoera’a Huiraatira). Les fédérations UDSR en Océanie servent – comme ailleurs – F. Mitterrand dans sa conquête du pouvoir au sein du parti et dans la construction d’une image politique. Quant à la fédération UDSR des ÉFO, elle correspond bien à ce que les autres dirigeants nationaux de l’UDSR appellent des « fédérations Potemkine » (2).

F. Mitterrand soutient la loi-cadre en 1956. Cette loi permet aux territoires du Pacifique d’avoir leur première forme d’autonomie interne. Grâce à elle, Pouvanaa et son parti contrôlent le conseil de gouvernement de décembre 1957 à octobre 1958. Ainsi s’est esquissé le rapprochement entre le leader de l’UDSR nationale et les autonomistes locaux. F. Mitterrand ne varie plus guère dans sa vision des relations entre la métropole et la Polynésie. Favorable à l’autonomie, il ne souhaite pas réellement aller très au-delà.

Le retour au pouvoir du général de Gaulle, en 1958, accélère le rapprochement entre F. Mitterrand et les opposants polynésiens au nouveau chef du Gouvernement.

(1) Il faut dire que les deux fédérations RPF et UDSR se distinguaient assez mal, toutes deux étant financées par le même homme d’affaires, Tony Bambridge.
(2) Du nom d’un maréchal et homme politique russe du XVIIIème siècle qui organisait les voyages de Catherine II en mettant sur son passage des façades de villages prospères alors que la misère régnait.

[J.M.Regnault]

Le soutien aux opposants à Pouvanaa jusqu’en 1956 0 < Vers le soutien aux autonomistes (1954-1958) 1 < L’anti-gaullisme rapproche encore davantage F. Mitterrand et les autonomistes 1959-1977 2 < Le candidat à la présidentielle de 1981 3 < Les paradoxes de l’autonomie 4 < Le président de la République 5

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