Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Décès de Pouvanaa a Oopa, 10 janvier 1977 -

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Décès de Pouvanaa a Oopa, 10 janvier 1977

Quand Pouvanaa décède, le 10 janvier 1977, une grave crise politique secoue le Territoire. Il y a deux assemblées rivales. Les locaux de l’assemblée sont occupés par la minorité autonomiste. F. Sanford lutte pour obtenir l’autonomie interne, contre le gouvernement français, mais aussi contre les amis de G. Flosse encore très réticents à l’égard d’institutions qui conduiraient vite, selon eux, à l’indépendance. Cela n’empêche pas le Tahoera’a Huiraatira de rendre hommage au défunt. Certes, c’est la loi du genre : on s’incline toujours respectueusement devant la dépouille d’un adversaire politique. Au-delà des conventions, on notera une évolution significative :
"Le Tahoera’a Huiraatira tient à manifester son respect à la mémoire d’un homme qui a consacré toute son existence, qui a lutté de toutes ses forces et de toute son âme pour la cause de notre Territoire, et saluer un adversaire politique qui, par son courage et son intégrité, a su mériter l’estime de tous.
Toutefois nous déplorons que son nom ait été lié à des revendications et des conflits politiques et dont les orientations ont souvent été éloignées de ses idées et de sa volonté.
Les membres du
Tahoera’a Huiraatira, dont quelques-uns viennent des rangs du RDPT, demandent à tous leurs amis de s’unir dans un recueillement commun à la mémoire du sénateur Pouvanaa a Oopa qui, par son œuvre, et notamment en insufflant à la population polynésienne une prise de conscience profonde et véritable de son identité, a marqué une des pages les plus déterminantes de l’Histoire de la Polynésie française".

Les funérailles furent l’occasion d’un hommage appuyé de la population.

En mai 1982 (à la veille des élections qui amenèrent G. Flosse au pouvoir), la stèle en l’honneur de Pouvanaa fut inaugurée en présence de ceux qui s’en réclamaient explicitement, mais aussi des membres du Tahoera’a qui voulaient montrer par là que le Metua appartenait désormais à toute la Polynésie.

Aujourd’hui, même ceux qui l’ont combattu voient en lui au moins le père de l’autonomie si ce n’est le père de l’idée d’indépendance. Cela explique l’unanimité recueillie à l’APF le 7 juillet 2009 pour obtenir la révision de son procès.

Ses adversaires ont rejoint son combat. Qui, aujourd’hui, serait donc contre l’océanisation des cadres, contre la reconnaissance des langues polynésiennes, contre le fait que les peuples dont la France a pris la charge aient la liberté de s’administrer eux-mêmes et puissent gérer leurs propres affaires (en donnant une définition toujours extensive de leurs propres affaires) ? Certains pourront dire qu’ils avaient eu raison de combattre Pouvanaa, en son temps, non à cause de ses idées, mais soit à cause de la façon dont il les exprimait, soit parce que son gouvernement avait révélé qu’il était incapable de gérer son Fenua. Plus personne, cependant, n’ose critiquer le Metua avec la férocité d’autrefois.

C’est bien la preuve que Mgr Michel avait vu juste - sans doute avec un peu d’avance - : Pouvanaa pouvait, sur son nom et sur son combat, réconcilier les Polynésiens.

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