Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L’avenir du Territoire : source de conflits entre le gouvernement et le gouverneur et entre l’exécutif et le législatif -

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Illustration des rapports entre l’Administration, le gouvernement et l’assemblée (III)

3) L’avenir du Territoire : source de conflits entre le gouvernement et le gouverneur et entre l’exécutif et le législatif

La fiche consacrée à la lutte entre les deux leaders du RDPT et celle consacrée au discours de J-B. Céran-Jérusalémy sur la « République de Tahiti » montrent les oppositions entre les deux sources du pouvoir - l’exécutif et le législatif – à propos de l’avenir institutionnel du Fenua. Le combat est parfois rude à ce sujet, avant même la campagne du référendum.

Le gouverneur ne perçoit peut-être pas la gravité de cette division sur ce thème et s’en prend aux deux leaders. Pour lui, l’évocation d’une « République de Tahiti » par J-B. Céran-Jérusalémy est une faute. L'expression est « troublante » et « ne correspond à rien ». Dans la même veine, la séance du conseil du 7 mai rapporte les échanges entre le gouverneur et Pouvanaa. Ce dernier livre sa pensée car le dialogue avec le gouverneur est « pathétique » écrit le secrétaire de séance. Que dit Pouvanaa ? Pour lui, malgré les erreurs commises par la France, « si le drapeau français continue à flotter à Tahiti, c'est grâce à la population tahitienne ». De ce fait, « l'attachement à la France n'est pas incompatible avec la création d'une République de Tahiti dans l'Union française ».


8 janvier 1959 : Assemblée des chefs de districts. Au centre, un administrateur et à sa droite Rosa Raoulx

Pouvanaa est outré quand on le traite d'anti-français, alors que ceux qui l'insultent ainsi « ont beaucoup moins de titres que lui à la reconnaissance de la France ». Il rappelle qu'il a combattu en 1914-1918 et que son fils est un "Volontaire" de 1940. Cette mise au point ne suffit pas au gouverneur qui s'inquiète des propos qu'aurait tenus Pouvanaa à la foule, le 30 avril. A-t-il employé le terme de « République de Tahiti » ? Le vice-président raconte qu'il a simplement déclaré à la foule :
« Actuellement, nous sommes en République française, il n'y a pas de dictature. Attendons les événements et il faudra refaire ce qui n'est pas bon. »
Cette mise au point ne rassure le gouverneur qu'à moitié. Il reproche à Pouvanaa d'avoir laissé subsister un doute sur ses intentions en employant le mot « actuellement ».

Conclusion

Ainsi, l’apprentissage de l’autonomie se fait vite dans la confusion, les rivalités et les incompréhensions. Pour l’opposition, c’est la preuve que ses craintes étaient fondées. La déception qui semble gagner l’opinion publique après quelques mois de gouvernement est l’occasion de prendre une revanche. L’affaire de l’impôt sur le revenu et le référendum en offrent l’occasion.

De mauvais rapports entre l’exécutif et le législatif 0 < Pouvanaa chef de gouvernement et ses ministres face au gouverneur 1 < L’avenir du Territoire : source de conflits entre le gouvernement et le gouverneur et entre l’exécutif et le législatif 2

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