Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La question chinoise -

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La question chinoise

L’assemblée élue en application de la loi-cadre en a-t-elle fini avec la « méfiance » à l’égard des Chinois ?

Le 7 janvier 1958, le conseiller Frantz Vanizette propose un vœu « … attirant l’attention du gouvernement local et du pouvoir central sur le danger que présente pour le Territoire l’accession facile à la nationalité française des Chinois inassimilables, accession permise par de trop nombreuses naturalisations et par le Code de la nationalité française qui n’a certainement pas la réciprocité aussi bien en Chine nationaliste qu’en Chine communiste ».

Le conseiller déplore : « Nous avons vu venir ici certaines missions parlementaires qui ont conclu à l’assimilation de tous les Chinois résidant dans le Territoire ».

R. Bambridge intervient pour signaler qu’il est inexact de dire que la nationalité française est accordée facilement aux Chinois et ajoute : « je ne pense pas qu’on puisse s’indigner de l’octroi de la nationalité française à des Chinois ».

Par 13 voix contre 12 et 2 abstentions l’assemblée rejette la proposition de F. Vanizette. Le rejet est effectif, mais timidement obtenu. D’autres indices montrent que les Chinois sont encore tenus en lisière de la vie sociale et/ou que ces derniers – selon la population polynésienne - se complaisent dans leurs traditions.

Par exemple, quand Gérald Coppenrath – connu pour avoir défendu la cause des Chinois - intervient dans la discussion à propos de l’impôt sur revenu (28 janvier 1958), il prétend qu’il faudra embaucher du monde et des spécialistes pour s’y retrouver « dans la comptabilité chinoise »…

Lors de la même séance, les conseillers étudient le problème de la taxe sur les étrangers qui touche essentiellement les Chinois et qui est estimée trop lourde. Pour les étrangers demeurant à Papeete, Faaa, Pirae, Uturoa, c’est 300 F CFP par mois, ailleurs 200. Les difficultés de recouvrement de cette taxe paraissent insurmontables. Une proposition du gouverneur la ramène uniformément à 100 F par an qui aurait seulement un caractère symbolique et dans la perspective d’une réforme fiscale sur les revenus qui toucherait les commerçants asiatiques. L’assemblée étudie plutôt 360 F par an. La gêne est grande chez certains conseillers comme le montre l’intervention de R. Bambridge qui pense que la population va protester contre cette mesure, « les Chinois étant la bête noire de la population ». Néanmoins et malgré le risque électoral que cela comporte, il approuve la proposition qui est ensuite adoptée à l’unanimité.

Cette anecdote est révélatrice du climat qui règne encore à Tahiti à l’époque.

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