Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Résultats du référendum et leurs conséquences -

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Le référendum voulu par de Gaulle en 1958

Les résultats du référendum et leurs conséquences

Le 28 septembre 1958, la Polynésie vote OUI, par 16 279 voix contre 8 988 NON.

Le OUI a donc recueilli 64,42 % des suffrages.

Le corps électoral s'est bien mobilisé, puisqu'il y a 25 267 suffrages exprimés contre 21 283 aux législatives de janvier 1956 et 21 752 aux territoriales de novembre 1957. On peut estimer la participation à 82 % des inscrits et établir les résultats suivants : (1)

RÉFÉRENDUM DU 28 SEPTEMBRE 1958

Îles du Vent OUI 64, 36 % des suffrages exprimés.
Îles-Sous-le-Vent OUI 44, 67%des suffrages exprimés.
Marquises OUI 89, 62 % des suffrages exprimés.
Australes OUI 63, 26 % des suffrages exprimés.
Tuamotu-Gambier OUI 83, 48 % des suffrages exprimés.

Il n'y a qu'aux Îles Sous-le-Vent que le NON l'emporte avec les votes de Tahaa (63, 50 % de NON) et surtout de Huahine, le fief de Pouvanaa (76, 50 % de NON).

Aux Îles du Vent, l'île de Moorea se distingue par un NON légèrement majoritaire (51, 30 %) sans doute sous l'impulsion de J. Teariki.

Dans certaines îles, les électeurs ont voté OUI à 100 %. Aux Tuamotu, c'est le cas de Takapoto, Pukapuka, Fangatau et Faaite par exemple. Aux Australes, à Rapa, les électeurs ont fait de même. Pour remercier les habitants, une initiative est lancée : rassembler cadeaux, vivres, vêtements... Des goélettes acheminent les objets vers les îles. « Bel exemple de solidarité spontanée, est-il écrit dans le quotidien local, qui apportera aux districts et aux îles éloignées les moins favorisés, un bien être supplémentaire qui est en même temps le gage d'une communauté fraternelle ».

Pourtant, les partisans du OUI sont plutôt déçus. En France métropolitaine, le OUI a obtenu 79, 26 % des suffrages. Les Débats se permettent un petit quatrain :

    Nous l'avons, ce "OUI" désiré
    car il est à notre avantage
    Mais j'avoue que j'eus préféré
    Un plus important pourcentage.

Il n'y a pas que le côté enjoué de la politique. Le même journal s'attaque à Pouvanaa qui devrait être "jeté hors de la Polynésie, interdit de séjour et déchu de la nationalité française".

Un tract est répandu par Franck Richmond qui avait été vice-président de l’assemblée territoriale de 1955 à 1957 :
« Les partisans du Metua sont des gens crédules ou des vipères. […] La police trop complaisante à leur égard.
[CE] SONT DES ENNEMIS DE LA FRANCE. Inutile de les convaincre, il faut les chasser ou les abattre
».

La vie politique à Tahiti prend ainsi une tournure dramatique dès que les résultats du référendum sont connus (voir la fiche sur l’arrestation de Pouvanaa).


À titre de comparaison :

Le seul TOM qui ait voté NON est la Guinée devenue indépendante le 2 octobre 1958.

La Polynésie est avec le Niger (le OUI y recueille 78 % des voix) un TOM où le NON a remporté un relatif succès.

Partout ailleurs, le vote en faveur du OUI a été écrasant et oscille entre 94 et 99, 9 %.

En Nouvelle-Calédonie, le OUI a obtenu 98 % des suffrages (électeurs mélanésiens compris).


(1) Philippe Guesdon, L'évolution statutaire de la Polynésie française ou le mouvement autonomiste face à ses contraintes, mémoire de 3ème cycle. Faculté de Droit de Poitiers, septembre 1976, 125 p. + annexes. (annexe VI).

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