Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Wallis, Bougainville, Cook, Bligh -

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Un ordre nouveau


WALLIS (Samuel) (1728-1795)

Navigateur et explorateur anglais qui, en dépit de son expérience limitée, fut choisi en 1766 pour prendre le commandement du Dolphin (voir doc) (et poursuivre les voyages d’exploration de John Byron. Assisté des officiers Tobias Furneaux et Georges Roberston, il partit de Plymouth le 21 août 1766 et navigua de conserve avec le Swallow commandé par Philip Carteret. Après le passage de la Terre de Feu, il le perdit de vue et poursuivit seul sa route à travers les Tuamotu où il découvrit Nengo-Nengo, Nukutavake, Paraoa, Pinaki. Toujours à la recherche du continent austral dont on supposait l’existence dans ces parages, il aborda à Mehetia et à Tahiti. Les premiers contacts avec les Tahitiens furent difficiles : ceux-ci s’opposèrent à son débarquement à Taravao le 19 juin 1767, puis à Mahaena alors que le ravitaillement en eau et en vivres devenait impératif. Après avoir mouillé dans la baie de Matavai, l’équipage faillit échouer le navire sur un massif corallien qui porte désormais le nom de banc du Dolphin. On procéda à quelques échanges, mais le 24 juin au matin le navire fut attaqué par près de 4 000 guerriers montés sur 500 pirogues. Wallis se résigna à utiliser le canon et les pertes furent telles parmi les assaillants que les chefs polynésiens cherchèrent à faire la paix dès le lendemain. Malade du scorbut et d’un début de tuberculose, Wallis ne put prendre contact avec Tahiti qu’à partir de la mi-juillet. Il se lia avec la reine Purea mais, peu curieux, négligea l’exploration de l’île, se contentant d’ordonner la remontée de la vallée de la Tuauru.

Après son départ de Tahiti le 27 juillet, Wallis longea Moorea sans y débarquer et fit de même à Mopelia, Scilly et en vue de l’île qui porte aujourd’hui son nom ( île Wallis ) à l’ouest des Samoa. Il rentra en Angleterre au mois de mai 1768 et ne sollicita pas d’autre commandement pour raisons de santé.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie, sous la direction de F.Merceron]



BOUGAINVILLE (Louis-Antoine de) (1729-1811)

Navigateur français, né à Paris. Après des études de droit et de mathématiques ( il est l’auteur d’un “ Traité de calcul intégral“), il entra dans l’armée. Il combattit au Canada où il fut aide de camp de Montcalm. Après la capitulation de Québec, il quitta le Canada en 1760 et tenta en 1764 de constituer aux îles Malouines (act. îles Falkland) un établissement peuplé d’Acadiens, anciens colons français du Canada. La petite colonie était en bonne voie quand l’Angleterre et l’Espagne manifestèrent leur opposition. Bougainville dut en négocier l’abandon et de retour au Malouines, il poursuivit sa route suivant le plan, approuvé par le roi de France, d’un premier tour du monde effectué officiellement par des navires français. Ceux-ci, la Boudeuse et l’Étoile avaient à leur bord une équipe de savants dont Bougainville, en hommes du « siècle des lumières », s’était entouré : Philibert Commerson, naturaliste, le dessinateur Jossigny, le prince de Nassau-Siegen, Pierre-Antoine Véron, astronome, et l’ingénieur cartographe Romainville. Le second de l’expédition était Nicolas-Pierre Duclos-Guyot, dont la compétence fut précieuse car Bougainville, officier de l’armée de terre, n’avait que peu navigué.

Après la traversée du détroit de Magellan (janvier 1768), l’expédition aborda le Pacifique. Les Tuamotu furent aperçues (Vahitahi, Akiaki, Hao qui fut nommée île de la Harpe), puis Mehetia (Nommé le Boudoir), et enfin Tahiti, où les navires mouillèrent le 5 avril 1768, devant Hitiaa. Les Français y restèrent neuf jours. Ils vécurent des moments enchanteurs, mais aussi quelques incidents pénibles. Les marins retinrent surtout les premiers, ce qui valut à Tahiti le nom de « Nouvelle-Cythère ». En partant, Bougainville emmena avec lui le fils d’un chef, Aotouru. La suite du voyage fut difficile, disette et scorbut ayant fait leur apparition à bord. Les Nouvelles-Hébrides (act. Vanuatu) furent traversées, puis les Salomon et la Papouaise dont une des grandes îles porte le nom de Bougainville, ainsi que le détroit qui la sépare de l’île Choiseul. Après avoir fait relâche en Nouvelle-Bretagne, l’expédition traversa l’océan Indien et atteignit enfin l’île de France (act. île Maurice) en novembre 1768, où la plupart des membres de l’équipe scientifique débarquèrent.

Le 16 mars 1769, Bougainville était de retour à Saint-Malo, « n’ayant perdu que sept hommes pendant deux ans et quatre mois écoulés… », ce qui prouve la sagesse et le souci que le navigateur eut de ses marins, attitude qui est tout à son honneur. Le « Voyage autour du Monde » que Bougainville écrivit (1771) connut un énorme succès (voic doc). Le mythe de la « Nouvelle-Cythère » et d’un Tahiti idyllique était créé, et traverserait les siècles. Philosophes et poètes se prirent à rêver d’un paradis des mers du Sud que Bougainville et ses compagnons n’avaient, en réalité, fait qu'entrevoir.

De 1778 a 1782, L.-A. de Bougainville participa à la guerre de l’Indépendance américaine, en qualité de capitaine de vaisseau. Membre de l’Académie de marine, il fut nommé comte d’Empire par Napoléon Ier, en 1807, et mourut à Paris le 31 août 1811.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie, sous la direction de F.Merceron]



COOK (James) (1728-1779)

Navigateur et explorateur anglais. Né en Grande-Bretagne dans le comté de Yorkshire, James Cook était le fils d’un ouvrier agricole très pauvre qui le plaça en apprentissage chez un épicier dès l’âge de 13 ans. L’année suivante, il s’engagea comme mousse sur un navire charbonnier de la mer du Nord, travailla sur un chantier naval et étudia les mathématiques et l’astronomie. Officier très apprécié dans la marine marchande, Cook s’engagea dans la Royal Navy à la veille de la guerre de sept ans qui opposa la France à l’Angleterre de 1756 à 1763. Distingué par ses remarquables travaux d’hydrographie et de cartographie de l’estuaire du Saint-Laurent et de Terre-Neuve, il reçut un brevet de lieutenant de vaisseau en 1769. L’Amirauté et l’Académie des Sciences (Royal Society) le chargèrent de l’exploration du Pacifique et lui offrirent le commandement de l’Endeavour.

Il avait aussi pour mission d’observer le passage de Vénus devant le soleil, passage visible à Tahiti. Cook avait à son bord l’astronome Green et les naturalistes Banks et Solanger qui contribuèrent à la haute tenue scientifique de l’expédition. A l’issue d’un long voyage, Cook découvrit l’atoll d’Anaa, puis mouilla en baie de Matavai le 13 avril 1769. Il devait rester trois mois à Tahiti et son esprit d’observation fit merveille. Ses notes demeurent une des meilleures sources d’information sur l’ancienne société polynésienne. Cook visita ensuite les îles Sous-le-Vent et donna à l’archipel le nom de Société.

Il se dirigea vers le sud à la recherche du continent austral mais ne trouva que Rurutu où il ne put débarquer en raison de l’hostilité de la population. Il mit ensuite le cap à l’ouest et découvrit la Nouvelle-Zélande. A son retour en 1771, Cook était déjà devenu très populaire. Sa mission ayant été un succès, l’Amirauté lui demanda de repartir dès 1772 à la tête d’une expédition comprenant les navires Resolution et Adventure. Il fit un bref séjour à Tahiti et aux îles Sous-le-Vent en 1773, puis explora les Marquises et une partie des Tuamotu.

Il fit aussi de longs périples autour du Pacifique pour en relever les côtes. En suivant une route très au sud, Cook rencontra la banquise et eut la preuve que le continent antarctique n’existait pas là où on l’imaginait. Une nouvelle expédition commencée en 1776 fit de lui le plus grand navigateur de son siècle (Voyage à l'océan pacifique). Après avoir découvert Tubuai, il se rendit encore une fois à Tahiti (1777) où il demeura sept longues semaines. Il gagna alors Huahine et y débarqua Omai, Polynésien originaire de Raiatea qui venait de séjourner trois ans en Angleterre grâce au capitaine Furneaux. Cook reprit son voyage vers la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie, les îles Tonga et l’archipel qui porte aujourd’hui son nom. Il put alors dresser la première carte quasi complète du Pacifique. Au retour d’une exploration des régions les plus septentrionales du Pacifique, l’expédition fit escale à Hawaï.

C’est là que Cook trouva la mort, à la suite d’une altercation avec les indigènes, dans la baie de Kealakekua. La Royal Navy perdait un officier exceptionnel. Pour D. Samwell, chirurgien à bord du Discovery, Cook était « vigilant et actif au plus haut degré ; plein de sang froid et d’intrépidité dans les périls ; patient et ferme dans la difficulté et la détresse ; grand et original dans tous ses projets ; actif et noble dans leur mise a exécution ; il était le seul, l’unique : tous les yeux se tournaient vers lui comme vers l’étoile qui nous guidait » (cité par O. Allen dans « Les Explorateurs du Pacifique »).

Les relations de voyage de Cook firent mieux connaître la Polynésie aux Européens et ont pu motiver la venue des missionnaires vingt ans plus tard. Cook (appelé Tute dans la phonétique tahitienne) joua aussi un rôle politique en Polynésie dans la mesure où il traita Hapai et son fils Tu (le futur Pomare Ier) en rois, les protégea et favorisa leur ascension.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie, sous la direction de F.Merceron]



BLIGH (William) (1754-1817)

Amiral anglais. Ancien officier de marine, membre de la troisième expédition de J. Cook (1776-1779). W. Bligh commença sa carrière à bord de navires de commerce entre la Jamaïque et l’Angleterre. Excellent navigateur, ami du naturaliste J. Banks et de nombreux négociants des Indes occidentales, W. Bligh se vit confier le commandement du Bounty en 1787 afin de recueillir des plants d’arbres à pain à Tahiti et de les introduire dans les « îles à sucre » de la Caraïbe. Une mutinerie éclata à bord du navire au large des îles Tonga et W. Bligh fut abandonné sur une chaloupe avec quelques marins. Il parvint à gagner l’île de Timor après trois mois de mer particulièrement éprouvants.
Son retour à Londres fit sensation et , après avoir écouté sa déposition et étudié son livre de bord, l’Amirauté donna raison à W. Bligh contre les mutinés, puis lui confia la direction d’une nouvelle expédition.

Il revint à Tahiti en 1792 à bord du Providence (voir doc) et de l’Assistant et put déposer 2000 plants de uru à la Jamaïque. W. Bligh assura d’autres commandements dont l’un sous les ordres de l’amiral Nelson qui le remarqua. En 1806, il fut nommé gouverneur de l’État de Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Sa mission fut écourtée par un soulèvement et il fut même emprisonné. W. Bligh était certainement intrépide et courageux, peu commode au quotidien, mais pas aussi dur ou injuste que l’ont décrit certains narrateurs.

Meurtri par la réhabilitation partielle des mutins en 1811, W.Bligh se retira dans un manoir du Kent et fut nommé amiral en 1814. Admiré par ses contemporains, W. Bligh fut immortalisé par un poème de G. Keates qui le compare à Jason rapportant la Toison d’or : « Oui, mon cher ami, ce trophée est le tien. Là où, chargés de fruits, tes arbres à pain s’inclinent, Les enfants noirs de l’Afrique dans leur ombre Se reposeront
Et aux cieux enverront tes éloges bien mérités pour le bien être qu’ils auront reçu ; et, se rappelant du passé, Ils apprendront à leur futurs enfants à vénérer ton nom ».

Dans les trois versions filmées de la mutinerie du Bounty, W. Bligh eut successivement les traits de Charles Laughton, Trevor Howard et Anthony Hopkins.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie, sous la direction de F.Merceron]

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