Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Page (Théogène), Gaultier de la Richerie (Eugène), La Roncière (Émile), Chessé (Isidore) -

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La première assemblée législative.


PAGE (Théogène) (1807-1867).

Né à Vitry-le-François (Marne), Théogène Page fit de brillantes études à l'École polytechnique puis à l'École navale.
Il fut nommé commandant de la division navale de l'Océanie en 1845, puis commissaire de la République à Tahiti.
Il assuma la responsabilité du gouvernement du 16 juin 1852 au 26 mars 1854 et se vit également confier la direction de la Nouvelle-Calédonie, rattachée aux Établissement français de l'Océanie en 1853. Homme énergique et entreprenant, le gouverneur Page contribua à relever Tahiti des ruines de la guerre franco-tahitienne en faisant de Papeete une importante escale maritime. Il fit aménager la Pointe de Fare Ute, construire deux quais d'abattage en carène, un arsenal et des entrepôts qui incitèrent les baleiniers à choisir la rade de Papeete comme port de relâche.
Il fonda le journal français « Le Messager de Tahiti », qui à cette époque était lu jusque sur le continent américain ; les affaires du port de Papeete furent cotées à la bourse de toutes les places de commerce, de Sydney à New York.
En 1856, Théogène Page fut nommé contre-amiral, chargé en 1860 d'assurer la logistique des opérations militaires en Chine et en Indochine. Promu amiral en 1861, il acheva sa carrière de Rochefort et mourut à Paris.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



GAULTIER DE LA RICHERIE (Eugène) (1820-1886).

Né à Fort de France (Martinique), E. Gaultier de La Richerie fit ses études à l'École Navale et acheva sa carrière d'officier de marine avec le grade de capitaine de vaisseau. Nommé commandant particulier en Océanie le 25 juin 1858, il sut faire face aux troubles de Papara et, appuyé par le gouverneur Jean-Marie Saisset, obtint d'être nommé commissaire impérial par intérim en novembre 1858 puis à titre définitif le 1er janvier 1859. E. Gaultier de La Richerie a accompli le plus long mandat qui ait jamais été accordé à un représentant de l'État en Polynésie. Ouvert et dynamique, il a pris plusieurs mesures fondamentales qui transformèrent l'activité économique et la société polynésiennes. En effet, c'est à partir de 1860 que fut assurée une liaison régulière entre Papeete et les ports de Californie. Cette ouverture sur l'Amérique du Nord permit, avec la création du cadastre en novembre 1862, une "véritable révolution agricole" en Polynésie.
La Richerie favorisa l'installation du planteur William Stewart à Atimaono, encouragea l'immigration chinoise et l'essor de différents productions : l'huile de coco, le coton et l'exploitation des bancs de nacre notamment. L'enrichissement prévisible du Territoire lui permit de créer les Caisse indigènes, budget local alimenté par un impôt de 10 francs par famille et destiné à régler les dépenses de l'administration tahitienne.
La Richerie organisa la protection des insulaires contre les raids des négriers péruviens et eut à cœurs de développer l' enseignement à Tahiti en facilitant l'ouverture d'une école dirigée par les frères de l'Instruction chrétienne.
Diplomate, il s'efforça de maintenir un équilibre entre les Églises et de ne pas empiéter sur les prérogatives de la reine Pomare IV. E. Gaultier de la Richerie acheva son mandat de 12 ocotobre 1864. Après quelques années passées en France, il fut nommé gouverneur de la Nouvelle-Calédonie en 1870, quitta ce Territoire en 1874 et finit ses jours à Lorient.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



LA RONCIÈRE (Émile) (1803-1874).

Officier de cavalerie, ancien élève de l'école de Saumur, Émile de La Roncière connu une jeunesse et un début de carrière mouvementés. Impliqués dans une affaire de mœurs où on l'accusait d'avoir attenté à l'honneur de la petite-fille du maréchal. Soult, il fut condamné, injustement, à purger une peine de prison de 1835 à 1843. Réhabilité en 1849 par le prince-président Louis-Napoléon, il reçut un commandement dans la Garde nationale puis fut nommé inspecteur des colonies en Algérie en 1852. Il se révéla un homme de terrain habile et efficace, et le ministre de la Marine et des Colonies lui proposa en 1859 (probablement influencé par l'amiral Clément de La Roncière) un poste de gouverneur à Saint-Pierre-et-Miquelon. Après cinq années passés dans ces îles au climat rigoureux, il obtint d'être muté à Tahiti pour succéder à Eugène Gaultier de La Richerie. La Roncière poursuivit l'œuvre de son prédécesseur en encourageant le développement économique de la colonie.
Il diminua le montant des impôts et fit publier un guide du colon pour inciter à la création de l'établissement agricoles et commerciaux. Une route carrossable permit de relier tous les districts de Tahiti à Papeete et d'exporter aisément les productions des petits planteurs polynésiens et européens, ceux-ci étant encouragés par la prospérité du domaine d' Atimaono et conseillés par un nouveau corps d'inspecteurs en agriculture.
La Roncière engagea deux réformes administratives importantes : l'extension des lois contenues dans les codes métropolitains à tous les habitants du Protectorat et le retour (mais temporaire) à une forme d'autonomie interne. Les réformes entreprises et son attitude lui valurent bien des inimitiés : celles de fonctionnaires ambitieux, des négociants escroquant les insulaires, et du clergé catholique qui n'appréciait pas que fussent remises en question la théocratie de Mangareva et la construction (en grande partie aux frais de la colonie)d'une cathédrale disproportionnée à la population de Papeete.
Emile de La Roncière dut quitter Tahiti le 25 novembre 1869, regretté par les Polynésiens qui tentèrent en vain d'obtenir son retour. Il prit sa retraite en 1870 et fini ses jours à Paris.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



CHESSÉ (Isidore) (1839-1912).

Fonctionnaire du ministère des Colonies à Paris, I. Chessé reçut pour mission d'obtenir l'annexion du royaume Pomare après la tentative infructueuse du commissaire de la République Jacques Planche.
Il réussit à persuader Pomare V de signer, le 29 juin 1880, un acte de cession des îles du Vent. L'exemple du roi ne fut cependant suivi que par 9 des 22 chefs de Tahiti et de Moorea. De retour en France, I. Chessé continua à s'intéresser aux Établissements français de l'Océanie et devint le représentant de la colonie au Conseil supérieur des Colonies en 1887.
Sa bonne connaissance des E.F.O. lui valut d'être à nouveau envoyé en mission en 1895 aux îles Sous-le-Vent en tant que commissaire général de la République française.
Cette mission, fort coûteuse, permit de renforcer l'influence française sur Huahine et Bora Bora, mais elle échoua à Raiatea qui ne se soumit qu'au terme d'une expédition militaire deux ans plus tard.
Une rue porte aujourd'hui le nom du commandant Chessé dans le quartier de Fariipiti (Papeete)

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]

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