Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Pomare Vahine IV, Ariitaimai, Utami -

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La première assemblée législative.


POMARE VAHINE IV (1813-1877).

Autre nom : Aimata. Reine de Tahiti. Fille de Pomare II et d'une de ses concubines, Aimata naquit à Moorea et fut élevée par son oncle Ariipaea qui assura la régence après la mort du souverain. Les missionnaires n'accordèrent aucun intérêt à l'éducation de Aimata et , lorsqu'après la mort de Pomare III celle-ci accéda à la souveraineté (janvier 1827), ils condamnèrent son modèle de vie, trop proche à leur goût des coutumes païennes, et s'inquiétèrent du soutien qu'elle accordait à la secte des Mamaia. Sous la menace des grands chefs Tati et Hitoti, acquis à la cause des missionnaires, elle accepta s'établir à Papeete en 1831 et d'y tenir le rang qui lui était assigné. Elle divorça de Tapoa (avec qui elle avait été mariée à l'âge de 10 ans) et épousa Ariifaite, un chef de Huahine. La reine connut ensuite quinze années difficiles au cours desquelles elle se trouva prise entre les intérêts des missionnaires anglais et ceux des Français, tout en souhaitant préserver la relative indépendance de son peuple.
Vers 1826, elle s'était attachée les services du pasteur anglais Georges Pritchard, interprète et conseiller qui prit de l' ascendant au point d'obtenir qu'elle interdise aux pères Caret et Laval d'installer une mission catholique à Tahiti. Cette décision suscita une première intervention de l'amiral Dupetit-Thouars en août 1838. L'année suivante, l'amiral Dumont d'Urville vint protéger les intérêts fonciers des Français, mais ceux-ci, estimant que leur sécurité n'était pas assurée après le départ de la flotte, demandèrent à Dupetit-Thouars, de retour à Papeete en août 1842, d'établir le protectorat français sur Tahiti.
Devant l'ultimatum lancé par l'amiral français, Pomare IV dut s'incliner mais, influencée par Pritchard qui revenait alors d'un voyage en Angleterre, et peut désireuse d'abandonner ses prérogatives de souverain, elle choisit de résister à l' entreprise française et invita les autres chefs à ne pas se soumettre. La reine se réfugia sur un navire anglais, le Balisisk, puis à Raiatea, et refusa toute négociation de 1844 à 1846, pendant la guerre franco-tahitienne. Après la victoire de l'amiral Bruat, Pomare comprit qu'elle n'avait d'autre alternative que de faire amende honorable. Elle fit sa rentrée officielle à Papeete le 19 février 1847 et accepta le protectorat. Ce statut lui accordait le pouvoir exécutif mais elle devait partager la plupart des fonctions importantes avec le représentant de la France : nomination des chefs et des juges de district, promulgation des loi. Toutes les forces armées et les corps de police étaient placés sous les ordres du gouverneur.
Pomare IV avait conscience de la faiblesse de son pouvoir réel et renoua d'une certaine manière avec la vie insouciante qu' elle menait avant 1831. Ses revenus s'élevaient à environ 32 000 francs par an (1864) et lui conféraient un pouvoir d'achat équivalent aujourd'hui à un revenu mensuel de deux à trois millions de francs C.F.P. Une somme de même ordre lui était attribuée pour régler ses dépenses de la cour, celles de la construction du palais à partir de 1857 et l'achat de nombreux présents. Elle ne résida jamais dans le palais de Tarahoi, mais se déplaçait fréquemment entre ses maisons de Paofai, de Papaoa et sa résidence de Motu Uta.
Elle mourut le 17 septembre 1877 d'une crise cardiaque et fut enterrée à Papaoa (Arue). Elle avait eu 9 enfants : les trois premiers décédèrent en bas âge, mais trois autres accédèrent à des fonctions princières : Ariiaue (Pomare V), Teariimaevarua, reine de Bora Bora, et Tamatoa, roi de Raiatea.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



ARIITAIMAI (1821-1897).

Grande chef-fesse de clan des Teva. Fille du Grand Tati, chef de Papara, et de Atiau Vahine, du clan des Marama, Ariitaimai était de haute naissance. Adoptée par la femme de Pomare II, elle fut élevée avec la princesse Aimata, dont elle demeura l'amie intime. En 1842, c'est pour elle qu'on suspendit pour quelques jours la loi de 1837 interdisant aux Européens d'épouser des Tahitiennes : Ariitaimai dirigeait le district de Papara, mais aussi ceux de Haapiti et de Teavaro (Moorea). Elle usa de son amitié avec la reine pour tenter de mettre fin au conflit avec les Français. Sur le plan économique, elle sut, avec son mari, mettre en valeur ses immenses domaines.
Enfin grâce à l'historien Henry Adams, elle rédigea des "Mémoires" à la gloire des Teva, document très important pour connaître l'histoire de Tahiti.
Autre nom : Ari'ioehau a Tati.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]




UTAMI (vers 1766-1850).

Autre nom : Tetuanuimanaihiva a Tatahe. Chef de Tahaa apparenté à la dynastie des Tamatoa de Raiatea et aux Pomare de Tahiti. Il se convertit au protestantisme en 1814 et fut un partisan fidèle du roi Pomare II.
Lorsque celui-ci décida une intervention militaire contre les chefs traditionalistes de Tahiti en 1815, Utami fournit des renforts appréciables et prit le commandement de l'armée.
Pour le récompenser de sa contribution à la victoire de Fe'i Pi, Pomare lui donna la chefferie de Oropa'a (Punaauia) et confia celle de Pueu à son frère Tuteari'i. Après l'établissement du Protectorat par l'amiral Dupetit-Thouars en 1842, Utami adopta une attitude ambiguë puis se rallia aux autorités françaises. Il usa de son influence auprès des résistants tahitiens de Paea pour éviter qu'ils ne se joignent aux révoltés de Faaa et de Mahaena puis pour obtenir la reddition du camp de la Punaruu. Ces services rendus à l'armée française lui valurent d'être nommé toohitu et président de la Haute Cour tahitienne.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]

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