Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Stewart (William), Salmon (Alexandre) -

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La première assemblée législative.


STEWART (William) (vers 1766-1850).

Commerçant et colon britannique qui fut un des principaux acteurs de la "révolution" agricole" tahitienne dans les années 1860. William Stewart est né en Irlande du Nord, dans une famille d'origine écossaise. Très jeune, il s'est engagé dans l' armée coloniale des Indes où il obtint le grade de sous-officier. Après avoir probablement fréquenté les milieux d'affaires de Goa (comptoir portugais de l'Inde), il se lança dans le commerce des vins entre la péninsule ibérique et l'Angleterre. Vers 1855, il partit pour l'Australie et s'y livra à la contrebande des alcools, étendant ensuite ses activités lucratives aux îles de la Mélanésie et à d'autres produits : le bois de santal, les armes à feu, les tissus et l'huile de coprah.
Ces trafics parfois illégaux cessèrent vers 1861 lorsque W. Stewart fut invité par son beau-frère, Auguste Soarès, puissant financier portugais, à s'associer au projet de plantation qu'il avait conçu pour les îles de la Société.
Pour le compte de la Polynesian Plantation Company, et avec l'appui de l'administration française, Stewart prospecta diverses vallées des îles du Vent. Il acquit à bail un terrain de 385 hectares à Teahupoo puis 3 950 hectares d'un seul tenant, à cheval sur les districts de Papara et Mataiea. La plus grande partie du domaine fut consacrée au coton afin de profiter de la hausse des cours mondiaux de ce produit, pendant et après la guerre de Sécession aux Étas-Unis. Equipée d'un matériel moderne et servie par une main-d'œuvre chinoise docile, engagée sous contrat, la "Grande plantation" enregistra d' excellents résultats de 1865 à 1870. William Stewart était alors un des puissants personnages de la colonie, ami du gouverneur et bien en cour à l'évêché. Par contre, le clan Brander-Salmon n'admettait guère le concurrence que lui faisait le domaine d'Atimaono et les privilèges fiscaux dont il jouissait. Une partie de la communauté anglo-saxonne se lança dan une campagne de calomnies sur les conditions de vie des travailleurs asiatiques du domaine, campagne rapidement jugulée par une commission judiciaire. W. Stewart en fut cependant affecté, de même qu'il souffrit des malversations financières de son frère James et de la forte baisse des cours du coton après 1870. La plantation fut déclarée en faillite le 22 août 1874 et, déjà malade depuis plusieurs années, William Stewart mourut un an plus tard, abandonné de tous.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



SALMON (Alexandre) (vers 1766-1850).

Homme d'affaires d'origine anglaise qui joua un rôle économique et politique majeur dans les vingt premières années du protectorat français à Tahiti.
Il appartenait à une famille de banquiers israélites de Londres, ruinée par une spéculation hasardeuse en 1837. Alexandre Salmon choisit de s'expatrier en 1839 et chercher fortune en Californie, mais les possibilités de cette région, qui n'avait pas encore connu le boom de la ruée vers l'or, lui parurent limitées. Il s'embarqua donc pour Tahiti, via Honolulu et Sydney, et s'intégra rapidement à la société dirigeante de Papeete. A son arrivée, en 1841, il trouva Tahiti en pleine effervescence politico-religieuse, le conflit entre protestants et catholiques se traduisant par une succession de demandes de protectorat à la France et au Royaume-Uni. Après son mariage avec Ariitaimai (1842), petite fille de Tati, grand chef de Papara, Salmon devint un notable et révéla ses qualités de fin politique. C'est ainsi qu'en dépit de sa nationalité il favorisa l'établissement du protectorat français par ses interventions auprès de la reine Pomare IV. Celle-ci s'étant réfugiée à Raiatea, il accomplit, avec son épouse, plusieurs missions auprès de la souveraine pour obtenir son retour et son adhésion au nouveau statut de Tahiti.
Alexandre Salmon restait avant tout un colon qui s'appliquait à mettre en valeur les domaines de son épouse selon les méthodes les plus modernes. "Il planta ses premiers caféiers moka à Faaa et à Papara : les rejetons sont encore là pour attester la réussite des plantations initiales. Il s'intéressa en outre tout particulièrement aux porcheries, utilisant pour la cuisson des aliments des marmites géantes en fonte, munies de pieds, et s'adonna non moins activement à l'élevage du gros bétail à Papara, région pourvue des meilleurs pâturages. Les terres de ce district fournissaient par ailleurs d'excellentes récoltes d'oranges que les goélettes venaient charger sur place" (Ernest Salmon : "Alexandre Salmon et sa femme Ariitaimai"). Ces activités avaient été en partie ruinées par la guerre franco-tahitienne, de 1844 à 1846, mais le marché californien s'étant rapidement développé avec la ruée vers l'or commencé en 1848, Alexandre Salmon réalisa d'importants bénéfices en commerçant avec cette région. Il s'associa avec son gendre, John Brander, qui possédait la première maison de commerce de Papeete en 1860. A. Salmon fut également appelé à hautes responsabilités publiques en raison de son expérience : il occupa la présidence du tribunal de commerce de 1835 à 1857 puis de 1864 à 1866, fut nommé consul des Etats-Unis en 1861 et membre de Conseil d'administration de la colonie en 1866. C'est aux plus beaux jours de cette existence bien remplie qu'il mourut d'une épidémie de dysenterie, le 6 août 1866. Il laissa une fortune immobilière considérable et neuf enfants qui furent appelés à hautes destinées : Tati Salmon devint chef de Papara, Marau épousa le roi Pomare V, Titaua s'était mariée avec John Brander et Alexandre reprit les activités de son père.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]

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