Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les représentants de l’État - Lacascade Etienne, Papinaud (Clovis), Gallet (Gustave), Petit (Édouard) -

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Le conseil général.


LACASCADE Etienne (1841-1906)

Gouverneur des Établissements français de l’Océanie de 1886 à 1893 (ce qui constitue le plus long séjour d’un gouverneur à Tahiti). Chirurgien de formation, bon administrateur, Lacascade occupa de hautes fonctions dans les colonies françaises avant d’être nommé à Papeete. C’est donc un homme d’expérience qui, chose rare à l’époque, s’attacha à bien connaître le Territoire et les habitants dont il avait la charge. Il prit des mesures pour développer l’économie de la colonie et créa la commune de Papeete (1890). Il essaya d’unifier et de compléter les possessions françaises en Océanie en annexant Rapa, en instituant le protectorat sur Rimatara et Rurutu, n’hésitant pas à employer la force si nécessaire. Par contre, il échoua aux îles Sous-le-Vent et laissa la situation se détériorer. Ceci lui valut sans doute son rappel, bien plus que les critiques calomnieuses formulées par les colons ou publiées dans le journal Les Guêpes, notamment sous la plume de Paul Gauguin.

[Dictionnaire illustré de Polynésie, sous la direction de F. Merceron]



PAPINAUD (Clovis)

Homme politique, fonctionnaire et gouverneur des colonies. Né à Cussac en 1844, dans le département de l'Aude, il fut d'abord élu maire de sa ville natale, conseiller général de l'Aude puis nommé sous-préfet de Prades en 1877 et délégué de la République en Andorre. Profitant de sa grande popularité, il se fit élire député de Narbonne en 1883 et continua à siéger à la Chambre jusqu'en 1888, quand il renonça à son mandat pour devenir gouverneur des Comores.

Il s'acquitta si bien de sa nouvelle tâche qu'en 1893, lorsqu'il devint impératif de remplacer Etienne Lacascade, gouverneur des Établissements français de l'Océanie jugé trop autoritaire et rigide, le ministre des Colonies le désigna pour ce poste en raison de son caractère aimable et serviable « qui conviendrait à merveille aux populations douces et paisibles de l'Océanie ». La tâche du nouveau représentant de l'État fut cependant compliquée par la nomination du commissaire général Isidore Chessé, sorte de gouverneur adjoint qui devait « étudier sur place les moyens propres à relever le pays de l'état d'effondrement complet dans lequel il est tombé, s'employer à faire cesser, si possible, ou tout au moins à atténuer les divisions locales et enfin régler définitivement cette question des îles Sous-le-Vent qui n'a que trop duré ». Le seul résultat de cette cohabitation fut d'ébranler l'autorité du gouverneur titulaire qui, découragé, demanda en 1895 à être relevé de ses fonctions.

Dans un dernier rapport à ses supérieurs, C. Papinaud jugea ses adversaires en ces termes sévères: « Il faut vivre ici pendant quelque temps pour se rendre compte de l'état moral des esprits au sujet de certaines pratiques sociales qui sont en usage, même parmi les classes les plus élevées de la colonie. Ainsi, dans ce pays, la lettre anonyme est souvent utilisée dans les affaires publiques ou privées; les histoires les plus invraisemblables et même les fausses nouvelles circulent librement et trouvent aisément crédit. Un usage des plus répandus consiste à attribuer à son adversaire des torts imaginaires pour lui faire jouer un rôle ridicule ou odieux; enfin l'évidence même est niée avec une assurance qui tient du cynisme. Le sens moral public est ici perverti à ce point que l'usage de ces pratiques ne porte pas atteinte à l'honneur ni à la considération de la personne qui les emploie ».

[Dictionnaire illustré de Polynésie, sous la direction de F. Merceron]



GALLET (Gustave) (1850-1926)

Gouverneur des Établissements français de l'Océanie. Il avait occupé différents postes administratifs en Nouvelle-Calédonie pendant une dizaine d'années et participé à la répression de l'insurrection canaque de 1878. A la tête des E.F.O. en tant que directeur de l'intérieur en 1895, il assura ensuite les fonctions de gouverneur par intérim du 1er avril 1896 au 31 janvier 1897. Fonctionnaire expérimenté et intègre, il fut chargé de mettre un terme à la guerre des îles Sous-le-Vent. G. Gallet s'acquitta de sa mission après avoir fait appel à un corps expéditionnaire calédonien en 1897. Il fut également l'artisan de l'annexion de Rurutu en 1900.

[Dictionnaire illustré de Polynésie, sous la direction de F. Merceron]





PETIT (Édouard) (1856-1904)

Originaire de Saint-Denis de la Réunion, Edouard Petit fit ses études supérieures à l'École d'Administration de la Marine et fut nommé commissaire de la Marine dans le Pacifique. A ce titre, il séjourna aux îles Marquises en 1881 et 1882 et conta, quelques années plus tard, son séjour dans les mers du Sud sous le pseudonyme d'Aylic Marin en publiant deux ouvrages : « En Océanie » et « Au loin ». Il poursuivit sa carrière comme administrateur des colonies à Madagascar et à la Réunion puis en tant que gouverneur des Établissements français de l'Océanie du 25 février 1901 au mois de mars 1904. Il dut faire face à de nombreuses difficultés. L'incapacité du Conseil général à prendre des décisions en raison de ses divisions fut résolue par sa dissolution et son remplacement par un Conseil d'administration directement placé sous l'autorité du gouverneur. Par contre, Edouard Petit ne put faire face à la crise économique aiguë qui suivit le passage du cyclone de janvier 1903 et que provoqua l'effondrement des cours de la nacre. Il se trouva également en butte aux attaques de Paul Gauguin qui lui reprochait de ne prendre aucune mesure pour le développement économique et social des îles Marquises et poussait les indigènes à la désobéissance civile. Faute d'un soutien financier du gouvernement central, il ne put exécuter son projet d'installation de plusieurs centaines de colons martiniquais démunis après l'éruption de la Montagne Pelée en 1902. Gravement malade, E. Petit demanda à être rapatrié en France mais mourut en Australie et y fut inhumé.

[Dictionnaire illustré de Polynésie, sous la direction de F. Merceron]

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