Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les gouverneurs - Julien (Gustave), Rivet (Louis) (1869-1933), Bouge (Louis-Joseph) (1878-1960, Joré (Léonce) -

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Le conseil d'administration.


JULIEN (Gustave)

Né Toulouse en 1870, il fit une carrière d’interprète, puis d'administrateur à Madagascar, avant d'être affecté en Côte d'Ivoire en 1913, puis à Paris où il enseigna la langue et la civilisation malgaches. En 1915, il fut nommé gouverneur par intérim des Établissements français de l'Océanie. Arrivé dans la colonie en octobre 1915, il fut titularisé à son poste l'année suivante. Gustave Julien se révéla un gouverneur efficace et unanimement apprécié. En ces temps de guerre, son action se porta d'abord sur l'organisation d'une économie autonome, la colonie étant privée de liaisons avec l'extérieur. Il fut par ailleurs à l'origine de l'envoi en Métropole de plusieurs contingents de « Poilus tahitiens ». Parallèlement, il multiplia les visites dans les archipels, dressant un bilan des besoins de chacun d'eux et favorisant le développement des écoles et de l'assistance médicale. Lorsque survint l'armistice, le 11 novembre 1918, les E.F.O. affichaient une prospérité qui fut malheureusement balayée par la terrible épidémie de grippe espagnole qui se déclara quelques jours plus tard. Gustave Julien quitta son poste pour raison de santé en avril 1919 et se retira à Paris.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



RIVET (Louis) (1869-1933)

Gouverneur des Établissements français de l'Océanie, Louis Rivet naquit à Fort-de-France (Martinique) le 29 avril 1869. Son expérience de l'Indochine le fit nommer à la tête des E.F.O. à un moment où l'on envisageait de resserrer les liens entre les possessions françaises de l'Asie et du Pacifique. Il trouva à son arrivée à Papeete, le 18 septembre 1922, une colonie à la dérive, traversant une crise économique et financière sans précédent et en proie à de multiples problèmes internes. Louis Rivet engagea son action dans quatre directions principales : relance de l'économie, assainissement de l'administration, mesures sociales et développement des archipels.

Dans le domaine économique, il autorisa la venue de travailleurs annamites (qui furent employés dans les domaines agricoles et à Makatea), afin de pallier la grave pénurie de main-d’œuvre qui sévissait alors (guerre de 1914-1918 et épidémie de grippe). Il relança de même l'activité agricole en fondant la station d'agriculture et d'élevage de Mamao, en réorganisant la Chambre d'Agriculture et la Caisse agricole, en accordant des crédits spéciaux au développement des cultures (en particulier la relance de la vanille) ou à la protection de la cocoteraie. Il fit réaménager le port de Papeete et inaugura enfin un service régulier des Messageries maritimes entre la France, Tahiti et la Nouvelle-Calédonie, qui permit de développer les échanges extérieurs.

Le deuxième volet de son action concerna l'assainissement de l'administration, volontiers frondeuse du côté métropolitain (voir les déboires du gouverneur Auguste Guédès) et laxiste du côté tahitien (nombreuses défections). Son attitude ferme et résolue et son esprit parfois inquisiteur (il fit établir des dossiers pour chaque fonctionnaire) lui permirent d'éviter les problèmes rencontrés par ses prédécesseurs.

Dans le domaine social, il engagea une politique de promotion de l'instruction publique et d'amélioration de la couverture médicale ; il tenta de lutter contre l'alcoolisme.

Il fit enfin porter ses efforts sur les archipels, où il se rendit fréquemment. C'est ainsi qu'il relança l'économie des Tuamotu dont il entreprit le désenclavement, et qu'il s'intéressa de près au sort des Marquises, alors en difficulté, le peuple marquisien étant menacé d'extinction.

Unanimement apprécié, Louis Rivet laissa à son départ, le 7 janvier 1927, une colonie aux finances saines et à l'économie prospère. Il décéda à Aix-en-Provence le 14 mars 1933.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



BOUGE (Louis-Joseph) (1878-1960)

Gouverneur de la France d'Outre-Mer. Né à Toulon, Louis-Joseph Bouge fut affecté à Tahiti comme chef de cabinet en 1915. De 1928 à 1930, il assura les fonctions de gouverneur par intérim. Son efficacité lui valut d'être promu gouverneur en titre, en Guyane, dès 1930. Passionné par la vie polynésienne, il est l'auteur d'une grammaire tahitienne, le fondateur du journal « Te Vea Maohi » et le premier vice-président de la Société des Océanistes. Il mourut à Paris. Collectionneur et bibliophile averti, ses collections sont exposées au Musée municipal de Chartres.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]




JORÉ (Léonce)

Gouverneur général des colonies. Léonce Joré est né à Madagascar en 1882. Intendant militaire, docteur en droit, il fut nommé gouverneur des Établissements français de l'Océanie en 1929, en remplacement du gouverneur Bouge. Sa mission était de mettre de l'ordre dans l'administration locale. De fait, il reprit en main les différents services tout en créant de nouvelles structures, dont un enseignement professionnel et une commission chargée du développement du tourisme. Pressé par le milieu colonial, il dut également signer un décret à rencontre de l'immigration chinoise. Il quitta les E.F.O. pour la Nouvelle-Calédonie en juin 1932, alors que la colonie était atteinte par la grande crise de 1929. Léonce Joré entreprit par la suite des recherches sur l’histoire dans le Pacifique. Il publia en 1959 « L'océan Pacifique au temps de la Restauration et de la Monarchie de Juillet (1815-1848) ».

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