Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Chastenet de Géry (Jacques), Curton (Emile de), Brunot (Richard) -

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Les délégations économiques.


CHASTENET de GÉRY (Jacques)

Gouverneur né en 1889 et qui dirigea les Établissements français de l'Océanie de 1937 à 1940. L'arrivée de J. Chastenet de Géry dans la colonie coïncida avec les derniers soubresauts de l'affaire Rougier, affaire qu'il contribua à apaiser. Lorsque éclata le 2e conflit mondial, il remédia à la suspension des relations commerciales avec la Métropole en négociant des accords avec les dominions britanniques. À la suite de l'armistice du 22 juin 1940, il resta fidèle au gouvernement de Vichy présidé par le maréchal Pétain. Lorsque le Comité France Libre l'emporta sur le Comité des Français d'Océanie, il fut contraint de démissionner, le 2 septembre 1940, et fut expulsé de la colonie quelques jours plus tard.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



CURTON (Emile de) (1908-1986).

Médecin, administrateur, puis gouverneur des Établissements français de l'Océanie (1940-1941), Emile de Curton naquit dans le Cantal. Docteur en médecine en 1932, il rejoignit Tahiti en 1938. Il y occupa successivement les fonctions de médecin-chef à la maternité, puis de médecin-administrateur aux Marquises et aux îles Sous-le-Vent. Membre des Délégations économiques et financières, il fut un des artisans du ralliement des E.F.O. à la France Libre. Nommé gouverneur le 3 novembre 1940, il essaya de surmonter avec fermeté les problèmes politiques et économiques auxquels il était confronté. La chasse aux opposants qui s'ensuivit et les mesures draconiennes qu'il fut amené à prendre allèrent à rencontre de trop d'intérêts locaux (Compagnie française des Phosphates de l'Océanie, commerçants, cadres de l'administration...). Les mécontents obtinrent l'inspection du gouverneur général Brunot qui mit de Curton et ses amis aux arrêts. Expulsé de Tahiti, E. de Curton continua son action au sein de la France Libre. Il fut, après la guerre, ambassadeur de France aux Philippines et poursuivit une brillante carrière administrative. On lui doit « Tahiti 40 », ouvrage dans lequel il décrit avec beaucoup de lucidité la société tahitienne de l'entre-deux-guerres et où il raconte les péripéties du ralliement.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]



BRUNOT (Richard) (1883-1958).

Breveté de l'École coloniale, ce haut-fonctionnaire accomplit l'essentiel de sa carrière en Afrique dans l'entre-deux-guerres. En 1940, il se rallia au général de Gaulle qui lui confia une mission d'inspection en Océanie. Dès son arrivée à Tahiti, le 6 juin 1941, il entra en conflit avec les gaullistes de Polynésie tels le gouverneur Emile de Curton, Emile Martin, Marcel Sénac, Jacques Ravet... Il se nomma gouverneur des Établissements français de l'Océanie, fit emprisonner sans raison claire ses adversaires et attisa si bien les haines entre les partis locaux que le général de Gaulle dut envoyer le haut-commissaire Thierry d'Argenlieu rétablir l'ordre à Papeete. Dans le télégramme qu'il adressa à d'Argenlieu le 4 août 1941, de Gaulle rappelait :

« Brunot n'avait aucunement qualité pour enfermer un gouverneur nommé par moi, et surtout pour prendre sa place sans aucune autorisation de ma part. En outre, la conduite et les allégations de Brunot à l'égard de Sautot, membre du Conseil de défense de l'Empire, sont inadmissibles. La première chose à faire par vous sera de mettre un terme à la mission de Brunot ».

Démis de ses fonctions en 1942, il fut réintégré en 1946, mais admis à la retraite la même année.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie sous la direction de F. Merceron]

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