Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les parlementaires - conseillers de la république - Joseph Quesnot, Robert Lassalle Séré -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Galerie des personnalités | 1946-1953. L’Assemblée représentative | Les parlementaires - conseillers de la république - Joseph Quesnot, Robert Lassalle Séré

L'assemblée représentative.


JOSEPH QUESNOT

Né à Béziers le 25 septembre 1895. Il n’achève pas des études de commerce, industrie et agriculture à Grenoble à l’école Vaucanson. Venu à Tahiti, il est d’abord comptable, puis directeur d’une société d’import-export. Il a été élu conseiller municipal de Papeete de 1933 à 1935, il démissionne pour protester contre « l’attitude inamicale injustifiée du maire envers le chef de la colonie ». Il est redevenu conseiller municipal après-guerre. Il a présidé la Chambre de commerce de 1933 à 1937. Élu à l’assemblée représentative, il en devient le premier président et il est élu conseiller de la République du 22 décembre 1946 à sa mort, le 31 mars 1949. Il n’est jamais intervenu au Sénat.
Robert Lassalle-Séré a écrit que Joseph Quesnot jouissait « d’une grande influence à Tahiti si ce n’est dans archipels », mais il aurait été un adversaire résolu de l’Administration à laquelle il aurait imputé les événements du Ville d’Amiens. Toujours d’après Lassalle-Séré, il aurait tenté de faire entendre raison aux émeutiers mais n’aurait pas été assez net.
« Ses critiques incessantes et acerbes » contre l’Administration auraient créé le climat favorable aux agitateurs.
Il est vrai que dans un discours du 28 avril 1947, il réclamait une large décentralisation et critiquait « les mesures imposées par le département, ignorant trop souvent les conditions particulières de chaque territoire, ou n’en ayant cure, vont fréquemment à l’encontre des intérêts essentiels de ces derniers, suscitant critiques et mécontentement, eux-mêmes préjudiciables à l’influence française… »





ROBERT LASSALLE-SÉRÉ

du 29 mai 1949 au 15 mars 1953.
Né le 28 novembre 1898 dans le Béarn. Il participe à la Première guerre mondiale avec l’Infanterie coloniale. Il reste dans l’armée après guerre et obtient le grade de lieutenant en 1920 et celui de capitaine d’Infanterie coloniale en 1927.
Docteur en droit, il est nommé inspecteur des colonies en 1930. Il est chargé de mission à Tahiti en 1947 alors que le Territoire connaît les incidents du Ville d’Amiens. Il joua un rôle important dans cette affaire. Il aurait, selon Noël Ilari, poussé à la répression, ce que confirment les documents d’archives qui mettent en lumière la faiblesse de l’Administration face aux difficultés.
Il a rédigé de volumineux rapports sur l’affaire du Ville d’Amiens et sur la situation politique, économique et sociale des ÉFO.
Rappelé à Papeete fin 1948, il aide l'administration à réaliser les réformes fiscales et douanières nécessaires. Il avait émis de vives critiques contre les conseillers et contre les Tahitiens en général, ce qui n’a pas empêché les membres de l’assemblée de l’élire sénateur le 29 mai 1949. Son élection, contestée par ses concurrents, a fait l’objet d’un long débat au Sénat qui se clôt par la validation du résultat (29 décembre 1949).
Sans doute l'assemblée a-t-elle choisi R. Lassalle-Séré avec l'espoir qu'il saurait défendre les intérêts de Tahiti au Conseil de la République. De fait, au cours des années 1950, 1951 et 1952, R. Lassalle-Séré est intervenu à plusieurs reprises, non sans talent.
Ainsi, il prend la parole (brièvement) le 21 janvier 1950 sur un projet de loi relatif à l’exploitation des substances utiles aux recherches atomiques dans les TOM ! Le 30 mars 1950, il est rapporteur du projet relatif aux soldes et indemnités des fonctionnaires d’Outre-Mer. L’affaire du conseil privé l’a aussi amené à intervenir (6 novembre 1951).
En 1952, il s’oppose – par son abstention - au code du Travail Outre-Mer. Il reproche au législateur un excès de centralisation qui l’empêche de prendre en compte les réalités de l’Outre-Mer. Ce code, pour lui, ne concerne que les travailleurs des industries et il est inapplicable pour les petits exploitants agricoles. Lors de la crise institutionnelle de 1952, il a été rapporteur de la proposition de loi relative à la composition et à la formation de l’assemblée territoriale.
R. Lassalle-Séré a été la "bête noire" du RDPT, mais lui, de son côté, ne ménage ni Pouvanaa ni son parti. Les membres du RDPT l’ont rendu responsable du « fossé » qui se serait creusé entre Français et Tahitiens et « envenimé les plaies des ÉFO ». Par contre, Alfred Poroi a jugé son action très positivement et en a fait un « défenseur » des Tahitiens.
On notera ce paradoxe : dans le combat Lassalle-Séré/Pouvanaa on serait tenté de voir un affrontement entre conservateur et progressiste ; or, le sénateur s’inscrit dans des groupes classés à gauche (groupes de la Gauche Démocratique et du rassemblement des gauches Républicaines) et le député dans des groupes très conservateurs.
Son mandat s’achevant le 15 mars 1953, il ne se représente pas.

Atteint de troubles psychiques, il est hospitalisé au Val-de-Grâce où il décède le 10 mai 1958.

[J.M.Regnault]

Retour en haut de page