Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les gouverneurs - Orselli Georges, Haumant Jean-Camille, Maestracci Pierre-Louis, Petitbon René -

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L'assemblée représentative.

ORSELLI GEORGES, Lieutenant-Colonel - 1er octobre 1941

Né en 1893. Ancien élève de l’école Polyntechnique devenu officier de l’armée de l’Air. Il est envoyé par de Gaulle dans les ÉFO dans le cadre de maission de Thierry d’Argenlieu pour ramener le calme après les frasques du gouverneur Brunot. Il est désigné gouverneur des ÉFO d'octobre 1941 et reste en poste jusqu’à la fin 1945. Thierry d’Argenlieu avait justifié ainsi son choix : Le problème de la protection de l’Océanie est d’ordre aérien. Orselli joint à sa ompétence militaire, une compétence d’ordre économique et financière . Homme à poigne, il organise le ravitaillement, non sans abus. Il fait arrêter Pouvanaa à plusieurs reprises. Il intervient également dans la vie politique locale en écartant le maire de Papeete Léonce Brault et en favorisant Alfred Poroi. Avant son départ, il se mêle de la désignation des candidats aux élections (mairie de Papeete et assemblée représentative). Il exerça encore les fonctions de gouverneur en Martinique et en Côte d’Ivoire.





HAUMANT JEAN-CAMILLE, Administrateur en chef. Gouverneur

par intérim - 13 décembre 1945
Né en 1898. Formé à l'École coloniale, il est nommé en juin 1945, secrétaire général des ÉFO, puis gouverneur par intérim après le départ de Georges Orselli. Visiblement dépassé par la montée du mécontentement, il doit laisser l'inspecteur Lassalle-Séré lui dicter sa conduite. Cependant, sans qu’on sache la part du gouverneur et/ou celle de l’inspecteur, la tactique utilisée a permis que « les meneurs soient lassés », que « la troupe se réveille » et surtout que des dissensions apparaissent parmi les meneurs. Le 27 juin, par exemple, il persuade le Révérend Père Calixte de conseiller la modération à É. Le Caill, catholique notoire, ce qui semble avoir eu quelque effet sur la harangue prononcée par ce dernier le lendemain sur les quais. Il a parfois été fort critiqué par certains, par exemple par le député Maurice Viollette qui l’accuse de « pusillanimité » et d’avoir été le « complice des communistes et des séparatistes ». Il a néanmoins trouvé des défenseurs. R. Lassalle-Séré utilise à son égard des mots plutôt flatteurs : « clairvoyant », « fermeté », « courage » . Le ministre Marius Moutet lui a fait part de sa vive satisfaction : Presque sans moyens, alors que beaucoup de ceux qui auraient dû vous apporter leur appui moral ou matériel oubliaient leur devoir, vous avez su dominer la situation, rétablir l’ordre sans effusion de sang et maintenir la souveraineté française.
Il a été remplacé alors que les inculpés étaient en attente de leur jugement. Il devint directeur
des services administratifs du ministère de la FOM. Il est décédé en 1955.





MAESTRACCI PIERRE-LOUIS, Gouverneur des colonies - 12 août 1947

Arrivé dans les ÉFO le 11 août 1947 pour remplacer J-C Haumant qui avait eu du mal à gérer l’affaire du Ville d’Amiens, il a reçu des consignes de fermeté qu’il a semblé vouloir appliquer. Il confia à l’Inspecteur « qu’il n’hésiterait pas, s’il le fallait, à tirer sur [les rebelles] ».Cependant, il ne put empêcher l’acquittement des inculpés. Ses maladresses à l’égard des Tahitiens – qu’il n’aimait visiblement pas - ont été souvent mises en avant. Ainsi il écrivait : [Je n’ai à ma disposition] que très peu d’agents [métropolitains] capables. Je ne parle pas du personnel local dont l’indifférence et la paresse d’esprit dépassent ce que l’on peut imaginer lorsqu’on a connu, par exemple, l’Afrique noire .
On lui prête aussi d'avoir refusé le transfert à l'hôpital d’un prisonnier (« un des deux principaux inculpés ») avec cette phrase : « il ne sortira de prison que les pieds devant ». Il aurait dit aussi à Pouvanaa que « la langue tahitienne était réservée aux animaux ». A-R. Grand, qui rapporte les propos, en conteste pourtant l’authenticité, du moins l'exactitude des termes employés. Lassalle-Séré a aussi été sévère à son égard : « son séjour ici a été catastrophique ; son inintelligence et son entêtement sont inimaginables ». Il conclut : « c’est très bien de l’avoir liquidé ».



PETITBON RENÉ, Gouverneur de la France d'Outre-Mer - 30 novembre 1950 à septembre 1954

Né en 1902. Professeur, puis banquier, il devient préfet de l’Aube en 1944, puis de Constantine en Algérie. Gouverneur des ÉFO de novembre 1950 à septembre 1954, il a tenté de contenir la poussée du RDPT. Il appuie le RPF et l’UDSR comme le révèle sa correspondance. Il passe pour avoir été l’homme de confiance de François Mitterrand alors ministre de la France d’Outre-Mer. À l’époque ce dernier ne soutenait pas encore Pouvanaa, mais plutôt Alfred Poroi qui avait créé ne fédération de l’UDSR, le parti du ministre. Avant son départ, René Petitbon annonce l'effondrement" du RDPT. Sous son égide, divers travaux d’infrastructure ont été réalisés comme le dépôt d’hydrocarbures de Fare Ute. En octobre 1951, le gouverneur Petitbon remet aux conseillers un projet d'impôt direct car, dit-il, "l'appui financier de la métropole aura une fin". Il, s’était interrogé sur l’équilibre futur du budget, compte des dépenses de fonctionnement qui auraient du mal à suivre les équipements dont le pays était en train de se doter. « Nous devons bannir tout luxe, dit-il, car notre effort doit être à la mesure de nos ressources ». L’assemblée renvoya le projet à plus tard. René Petitbon est décédé en 1965.

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