Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L'autonomie de gestion - Les présidents de l'assemblée - Émile Vernaudon, Jacques (dit Jacky) Teuira -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Galerie des personnalités | 1953-1996. L’Assemblée territoriale | L'autonomie de gestion - Les présidents de l'assemblée - Émile Vernaudon, Jacques (dit Jacky) Teuira

L'assemblée territoriale.


ÉMILE VERNAUDON

Né à Papeete le 8 décembre 1944, Émile Vernaudon suivit des études secondaires au collège de Lamennais et exerça le métier de géomètre.
Militant au E’a Api, il fut élu maire de Mahina en mars 1977 et conserva son siège à chaque élection depuis cette date, y compris en 2008 alors qu’il était en détention préventive. Il perdit son siège en juin 2009 en raison de l’inéligibilité dont il fut frappé (pour un an).
La gestion de sa mairie a fait l’objet de rapports de la Chambre territoriale des comptes, obligeant le nouveau maire à entreprendre des réformes importantes pour retrouver l’équilibre budgétaire.

En désaccord avec F. Sanford, il fonda son propre parti, le Ai’a Api, en mars 1982, et conclut un accord avec G. Flosse. Il s’intégra à la majorité gouvernementale dirigée par ce dernier. Ce ralliement valut à Émile Vernaudon d’accéder à la présidence de l’assemblée territoriale. Il se heurta cependant rapidement au vice-président du gouvernement à propos de l’élection législative partielle. G. Flosse ne le consulta pas et soutint la candidature de Tutaha Salmon.
L’alliance fut alors rompue. Le conseiller de gouvernement Ai’a Api, Terii Sanford, dut démissionner. Il conserva la présidence de l’assemblée conformément au statut mais dut céder la place à Jacky Teuira en avril 1983. Il retrouva le perchoir entre mars 1991 et début avril 1992. Dès lors, É. Vernaudon multiplia les alliances et les ruptures avec G. Flosse ou avec O. Temaru.
Il occupa des fonctions ministérielles en Polynésie à plusieurs reprises, notamment celles de ministres des Postes, ce qui lui vaut actuellement des démêlés judiciaires.
Il fut élu par deux fois député. De juin 1988 à avril 1993, il siégea comme non inscrit, mais proche du PS. Battu en 1993, il retrouva son poste en 1997 grâce à une nouvelle alliance éphémère avec G. Flosse et siégea au groupe RCV (Radicaux-Chevènementistes-Verts).
Après avoir contribué à l’élection d’Alexandre Léontieff au poste de président du gouvernement en décembre 1987, il devint un allié difficile. Après élections territoriales de 1991, alors qu’une réunion de son parti avait voté pour une reconduction de l’alliance avec A. Léontieff et J. Juventin, il décida de constituer une majorité avec G. Flosse, permettant ainsi à ce dernier de retrouver la présidence du gouvernement. L’alliance dura peu et É. Vernaudon président de l’assemblée voulut manifester son opposition en fermant l’assemblée qui se réunit alors au CESC sous la présidence de J. Juventin qui lui succéda officiellement en avril 1992.

En 2004, il fut l’un des membres de l’UPLD qui renversa G. Flosse, mais s’allia ensuite avec ce dernier puis avec G. Tong Sang.

Il fut aussi président de l’Association sportive Vénus et de la Fédération de la Pirogue polynésienne.




JACQUES (dit Jacky) TEUIRA

Né à Papeete, le 14 décembre 1933, petit-fils d’un tavana de Mahina.
Il arrêta ses études dès l’âge de 15 ans. Il fut employé des Messageries maritimes. Il entra au cabinet d’avocat de Rudy Bambridge. Ce dernier le lança dans la vie politique et lui inculqua un attachement profond à la France et au général de Gaulle.
Suppléant de R. Bambridge à l’AT, il devient membre de celle-ci à la démission du précédent en mars 1969. Il fut ensuite réélu sur les listes du Tahoera’a en 1972, 1977, 1982 et 1986.

Il se rangea aux côtés de G. Flosse lorsque celui-ci prit les rênes du Tahoera’a, non sans se démarquer parfois. Ainsi, le jour où G. Flosse rendit public son projet de statut d’autonomie interne (7 mars 1980), le haut-commissaire téléphona à des notabilités du Tahoera’a. Dans le compte-rendu de ses entretiens percent les critiques les plus vives. J. Teuira fut vexé de ne pas avoir été mis dans la confidence. Il révéla qu’avec Tutaha Salmon et Tuianu Le Gayic, il avait tenté de s’opposer au projet, mais que le conseil exécutif du parti avait « malheureusement » suivi le chef du parti.
Après le succès des amis de G. Flosse aux élections territoriales de 1982, J. Teuira fut appelé à prendre la présidence de la commission permanente dans un premier temps, puis de l’AT (5 avril 1983) pour succéder à Emile Vernaudon qui rompit son alliance avec le Tahoera’a. Il occupa cette fonction jusqu’en mars 1987.

Depuis 1972, il était également maire d’Arue, réélu en 1977 et 1983.

Il occupa aussi des fonctions importantes au sein de son parti et même du RPR (il est membre du Comité central du part en novembre 1984), et il fut nommé par exemple président de la SETIL et d’autres syndicats relatifs à l’organisation communale.

C’est donc un personnage de tout premier ordre, sans doute appelé à ravir le siège de sénateur à D. Millaud si les circonstances n’avaient pas donné un coup d’arrêt à sa carrière politique, paradoxalement quand il prit la tête du gouvernement.
En effet, en février 1987, G. Flosse – alors secrétaire d’Etat dans le Gouvernement de J. Chirac - démissionna de la présidence du gouvernement, vraisemblablement sous la pression de Bernard Pons (son ministre de tutelle) et il ne conserva que son poste ministériel au Pacifique Sud. Il fut remplacé à la tête du Territoire par J. Teuira qui reçut l’investiture du Tahoera’a contre Alexandre Léontieff. En fait, il ne devait occuper ses fonctions que pendant le moment où G. Flosse serait retenu dans ses fonctions ministérielles nationales. J. Teuira fut investi président du gouvernement le 13 février 1987. Rapidement, J. Teuira suscita des oppositions au sein du Tahoera’a. G. Flosse donnait le sentiment de vouloir contrôler le gouvernement et il lui arriva de critiquer ouvertement les décisions de son successeur . De plus, A. Léontieff (considéré jusque-là comme le dauphin de G. Flosse) entra en dissidence et constitua autour de lui une nouvelle majorité (avec des membres des forces politiques d’opposition). Une motion de censure fut préparée et déposée le 1er décembre mais elle n’a pas été votée. Le président de l’assemblée s’arrangea pour ne pas la convoquer. Toutefois, le 7 décembre, J. Teuira estimant que son gouvernement ne méritait pas d’être censuré préféra démissionner.
Il redevint conseiller territorial et, comme beaucoup d’hommes politiques, il pouvait espérer « rebondir » après ce cuisant échec. D’autres déboires l’attendaient. Son fief communal lui échappait en effet en mars 1989 quand Boris Léontieff gagna les élections. Il aurait été trop présent dans sa commune et trop distant avec les administrés. Les querelles internes au Tahoera’a sont aussi une explication plausible.
Il est plutôt rare qu’un maire sortant perde les élections. Découragé, J. Teuira s’éloigna de G. Flosse auquel il reprochait aussi un autoritarisme excessif et quitta le parti au fei.

Retour en haut de page