Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L'autonomie - Les présidents de l'assemblée - Justin Mahai Arapari, Lucette Taero -

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L’Assemblée de la Polynésie française.


Justin Mahai ARAPARI

Né le 26/09/1947 à Mahaena
Fils de Mahai ARAPARI qui fut le premier maire délégué de Mahaena en 1972, Justin ARAPARI a grandi à Mahaena avant d’aller poursuivre sa scolarité à l’école centrale de Papeete. Titulaire du brevet d’études, il suit un an de cours normal avant de démissionner pour travailler au CEA comme laborantin-photo à Mahina.

Épris de culture biblique, et désireux de servir les autres, il entre en 1968 à l’École pastorale protestante de Hermon dont il sort en 1972. Il effectue alors un an de stage aux côtés du pasteur Itia MARURAI à Pirae et est investi dans ses fonctions en août 1973, affecté à la paroisse de Maharepa (Moorea). Il y reste quatre ans mais quitte bientôt l’Église pour se consacrer à l’agriculture… Et à la politique.

Proche du peuple, parlant parfaitement les langues tahitienne et française, il suit Nedo SALMON alors président des UCJG dans l’Église lorsque celui-ci présente aux élections territoriales de 1977 sa liste « Nouvelle pensée polynésienne ». Emma TETUANUI figurait également sur cette liste et remplissait à l’époque les fonctions de secrétaire du comité de Ui Api pour l’Église protestante.

On le voit, engagement politique et responsabilité religieuses vont de pair chez lui, comme chez nombre de Polynésiens.
En 1981, Justin ARAPARI adhère au Taatiraa Porinetia d’Arthur CHUNG dont il est le représentant à Moorea. La même année, il figure comme suppléant de la liste de ce parti pour les élections législatives, conduite par John VOGNIN. Parallèlement, il travaille dans l’agriculture à Moorea et fonde un club de boxe, l’AS Mauriuri dont il est également l’entraîneur.

Le 2 février 1982, il adhère au Tahoera’a huiraatira pour ne plus en changer. Gaston FLOSSE l’a remarqué pour ses qualités d’homme de terrain et d’organisateur. Il le fait entrer au comité central du Tahoera’a dont il devient permanent. En 1984, il est secrétaire général adjoint du parti, aux côtés de Roland GARRIGOU ; et quatre ans plus tard, en devient le secrétaire général. De retour à Tahiti, il s’occupe des informations à Radio Maohi en 1986. Il en devint le directeur.

Un moment chef du service des affaires polynésiennes, J. ARAPARI était un proche de G. FLOSSE. Il fut son chargé de mission à la présidence en 1986, puis celui de J. TEUIRA en 1987. Au moment de la scission du Tahoera’a huiraatira, il resta fidèle à « la vieille maison » et parcourut la Polynésie en compagnie de G. FLOSSE.
Considéré longtemps comme un des plus fidèles lieutenants de G. Flosse, il devint vice-président du Tahoera’a.
Il fut élu maire délégué de Mahena en 1989. Il était président du club sportif de la commune, l’AS Toanui, depuis 1987. Son ambition était de redonner au Tahoera’a la grande commune de Hitiaa o te ra et de continuer à œuvrer à la base comme au sommet pour la vie de son parti politique. Il perdit la commune associée en 2001, mais, déjà, il était en marge du parti orange.

Il est élu conseiller territorial en 1991 et après la nouvelle victoire du Tahoera’a en 1996, il devient président de l’assemblée de la Polynésie française, élu par 23 voix contre 11 à Tamara Bopp du Pont. Il resta cinq ans président de cette institution.
En tant que président de l’APF, il visita la Nouvelle-Calédonie en 1996, mais fut accusé d’ingérence dans la politique locale par J. Lafleur qui ne voyait en J. Arapari que l’envoyé de G. Flosse, son rival habituel.

Il était à peine élu président de l’APF qu’il connut des démêlés judiciaires. Il fut accusé d’abus de biens sociaux et d’ingérence dans ses activités de directeur de la SETIL. Sa condamnation fut confirmée par la Cour d’appel de Papeete : 8 mois de prison avec sursis et 3 millions d’amende. Il fut mis en examen également dans le cadre de ses fonctions à l’OPT pour prise illégale d’intérêts en septembre 1999. En novembre 2003, il fut jugé pour favoritisme lors des travaux d’agrandissement de l’APF.
Avant de quitter la présidence de l’APF, il embaucha 24 personnes qui furent licenciées dès juin 2001 par la nouvelle présidente. Les licenciés manifestèrent dans les locaux de l’assemblée le 26 juillet pour protester.
Malgré ses démêlés judiciaires, il fut réélu quatre fois à la présidence de l’APF, mais finit par entrer en conflit avec G. Flosse. En mars 2001, il annonça qu’il conduirait une liste dissidente du Tahoera’a. Il fondit également un nouveau parti, Manahune, sans plus de succès.
Curieusement, lors de la présidentielle de 2002, il apporta son soutien à L. Jospin, sans doute pour se démarquer de son ancien leader.
En octobre 2004, après la motion de censure qui renversa le premier gouvernement Temaru, J. Arapari se présenta devant l’assemblée pour briguer le poste de président de la Polynésie contre G. Flosse et O. Temaru.




Lucette TAERO

Née le 26 mars 1957 à Papeete.
Elle est entrée à l’Ecole Normale de Pirae pour suivre une formation d’institutrice. En 1978, elle devient maîtresse d’application (conseillère des normaliens en formation) à l’école Tuterai Tane. Diplômée de l’Université de Bordeaux en psychologie scolaire, en 1987, elle exerce au GAPP de Moorea.

Elle participe à la fondation du Centre territorial des droits de la femme et de la famille en 1990. Elle en prend la direction en 1991. Pour prolonger son action, elle participe à l’association SOS Vahine et assure la direction de l’association Puna Ora qui s’occupe de l’insertion des détenus et de la prévention de la délinquance.

Elle obtient une licence de psychologie de l’Université de Nice en 1992.
En 1993, à la demande du président G. Flosse, elle prend la direction de la Délégation à la condition féminine.
Ses divers engagements trouvent une suite logique avec une entrée en politique. En 1996, elle est élue conseillère sur la liste du Tahoera’a. Elle fait immédiatement partie du gouvernement avec le ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle, chargée également du dialogue social et de la condition féminine. Elle occupe ce poste pendant toute la mandature.
En 2001, elle est réélue conseillère. Cette fois, c’est la présidence de l’assemblée qui lui est proposée. Elle est élue par 29 voix contre 13 à Tamara Bopp du Pont. Les 7 élus du Fetia Api n’ont pas participé au vote. C’est la première fois qu’une femme est élue à ce poste, il est vrai l’année où la parité a amené de nombreuses femmes à l’assemblée.
L. Taero est réélu au perchoir en 2002 et 2003. Son mandat est interrompu par la dissolution de l’APF intervenue le 2 avril 2004. Sous sa présidence, l’informatisation de l’assemblée s’est poursuivie et les groupes politiques en ont été dotés. Le projet de reconstruction de l’assemblée a également été repris.
Elle a développé l’action en direction des jeunes pour les sensibiliser à la vie de l’assemblée en organisant des rencontres avec 49 conseillers juniors venus des cinq circonscriptions, en 2002.
Sa façon de mener les débats à l’assemblée a profondément irrité les élus de l’opposition et elle les a, de son côté, bien attaqués verbalement (voir le document), voire physiquement (dans une altercation avec Loïc Brigato).
Elle ne retrouve pas son siège de représentante en 2004. Elle semble s’être éloignée du Tahoera’a.
De mars 2001 à mars 2008, elle a été maire déléguée d’Afareaitu (Moorea).

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