Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L'autonomie - Les parlementaires (députés) - Michel Buillard, Béatrice Vernaudon -

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L’Assemblée de la Polynésie française.


Michel BUILLARD

Né le 9 septembre 1950 à Papeete.
Études de droit à Bordeaux où il obtient une licence.
De retour à Tahiti, il travaille à la banque Socredo.
En 1983, il est élu conseiller municipal sur une liste du Tahoera’a à la mairie de Pirae.
Toujours en 1983, il prend la direction de l’Office Territorial d’Action Sanitaire et Sociale (l’OTASS).
Dans le gouvernement de G. Flosse constitué après l’adoption du statut d’autonomie interne de 1984, il reçoit le ministère du Travail, de la Formation professionnelle et du Logement. Après les élections de mars 1986, au cours desquels il est élu conseiller sur la liste conduite par G. Flosse, un nouveau ministère lui est confié, celui de l’Emploi, de la Fonction publique et du Logement. Dans le gouvernement de J. Teuira, après la démission de G. Flosse, il change de ministère pour prendre celui de la Jeunesse et des Sports, tout en conservant le Logement.
En décembre 1987, il reste fidèle au Tahoera’a et ne redevient pas ministre, mais reprend son siège à l’assemblée territoriale.
Les élections territoriales d’avril 1991 ramenant G. Flosse au pouvoir, M. Buillard est promu vice-président du gouvernement, chargé du ministère de la Santé, de la Solidarité, de l’Habitat et de la Recherche.
Il garde ses fonctions de vice-président jusqu’au remaniement de 1995 et occupe alors le ministère de la Santé et de la culture.
M. Buillard venait effet de remporter les élections municipales de Papeete, les 11 et 18 juin 1995, prenant ainsi la « forteresse » du Here Ai’a. Le conseil municipal l’élit maire de la capitale. Il est réélu à ce poste en 2001 et en 2008.
Son ascension politique se poursuit et il est élu député de la première circonscription de Polynésie le 17 mai 1997, réélu en 2002 et 2007. À l’Assemblée nationale, il est inscrit au groupe RPR, puis UMP. Il y défend les intérêts de la Polynésie, se démarquant parfois de son groupe, comme lors de l’examen de la loi Morin, tout en respectant la discipline de ce groupe.
Militant autonomiste, il affronte parfois durement les indépendantistes qui le lui rendent bien. Le 23 avril 1993, sur les ondes de Radio Tefana, O. Temaru l’attaque sur des propos qu’il aurait tenus et auraient fait de lui « un traitre, un vendu de ce pays ». L’affaire est portée en justice. M. Buillard obtient un franc de dommages et intérêts.
Avec la loi sur les cumuls, il choisit de ne plus siéger à l’APF à partir de 2001, ne gardant que la mairie de Papeete et la députation.
Lors des alternances qui se produisent à partir de 2004, il reste fidèle au Tahoera’a mais commence à émettre un certain nombre de critiques sur la conduite de son parti. Pour marquer son attachement à l’autonomie, il fait ériger, au rond-point de l’Est à Papeete, une stèle en souvenir du 29 juin 1880, entrant en conflit avec les ministres du Taui en juin 2006. Il se démarque de l’alliance qui s’établit en juillet 2007 entre G. Flosse et O. Temaru.
Les élections territoriales de 2008 montrant au premier tour la perte d’audience du Tahoera’a et – quoi d’en dise son leader – annonçant une alliance possible avec le Tavini, il démissionne du parti, entraînant avec lui la plupart des conseillers municipaux orange de Papeete. Son parti lui reproche sévèrement cette « fuite » entre les deux tours et lui rappelle que c’est bien grâce au Tahoera’a qu’il avait élu député en 2007. M. Buillard se rapproche du To Tatou Ai’a de G. Tong Sang sans y adhérer, préférant rester libre de ses choix.
Lui qui avait eu des démêlés avec les indépendantistes à diverses reprises, adopte une attitude plus conciliantes lors du retour d’O. Temaru au pouvoir en 2009, engageant des rapprochements avec la mairie de Faaa pour un certain nombre d’opérations d’équipement, bénéficiant de l’aide du Pays pour équiper sa propre commune. Le 30 octobre 2009, il reçoit le président Temaru pour lui faire visiter les chantiers de la commune.
Après la motion de défiance qui renverse O. Temaru (24 novembre 2009) avec le rapprochement entre le Tahoera’a et To Tatou Ai’a, il met en garde contre le retour à des pratiques clientélistes et à des aides sélectives aux communes.


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Béatrice Vernaudon

Née à Papeete le 27 octobre 1953. Elle est la fille du sénateur Gérald Cooppenrath.

Elle suivi une scolarité à l’école de la Mission, au collège Anne-Marie Javouhey puis au collège Lamennais où elle obtint le Bac D en juin 1971. En métropole, elle s’inscrivit à l’école du Service Social de la Croix-Rouge de Bordeaux (1971–1974) et obtint le diplôme d’État en juin 1974. Plus tard, à l’Université de Bordeaux II (1986–1988), elle passa une licence en Sciences Sociales.

De 1974 à 1982, elle exerça les fonctions d’assistante sociale à la Caisse de Prévoyance Sociale dont elle avait été boursière de formation professionnelle durant ses études. Elle participa au développement des cantines scolaires et notammentle suivi des familles relogées au lotissement social « Fareroi » de Mahina avec la mise en place d’une crèche-garderie au sein du lotissement.
Dès 1976 B.Vernaudon s’investit dans la coopération régionale en participant à un séminaire régional à Fidji sur l’éducation communautaire. En 1981 elle préside la 1ère conférence régionale des femmes du Pacifique à Papeete et en 1982 elle devient la 1ère secrétaire générale du Conseil des femmes de Polynésie présidé par Mme Tuianu Legayic. B. Vernaudon participa à de nombreuses réunions régionales ce qui lui valut en 2010 d’être la première haute personnalité politique de Polynésie française à être invitée par le gouvernement australien à visiter ce pays. De 1980 à 1983, elle fut chargée de la création du Service social du RPSMR. De nombreuses missions dans les différents archipels - afin de recenser les personnes âgées susceptibles de bénéficier d’une retraite du RPSMR - lui permirent d’appréhender la diversité du Territoire et de comprendre la spécificité économique, sociale et culturelle de chaque archipel.

En 1982-1983, B. Vernaudon exerça également les fonctions de maîtresse auxiliaire au Lycée de Taaone, responsable de la 2ème année des BEP carrières sanitaires et sociales.

Entre 1983 et 1986, elle occupa la charge de chef du Service des Affaires Sociales. Elle prit conscience de la nécessité d’une formation complémentaire, d’où son départ à Bordeaux de 1986 à 1988.
De retour à Tahiti, de 1988 à 1991, elle devint conseillère technique au cabinet de Mme Huguette Hong Kiou, ministre des Affaires Sociales. Deux domaines ont particulièrement été développés durant cette période, en partenariat avec l’État : celui du handicap et celui de la promotion des femmes.
Après le renouvellement de l’assemblée et le retour au gouvernement de G. FLOSSE, celui-ci la sollicita en qualité de conseillère technique chargée des affaires sociales. En 1992, elle accepta la proposition du ministre des Affaires Sociales, Maco Tevane, de reprendre la Direction du Service des Affaires Sociales jusqu’en 1996.
Elle participa à l’élaboration de la grande réforme de la Protection Sociale Généralisée et à la renégociation des Conventions avec l’État. Elle restructura le service dans le cadre de la mise en place du RST et du transfert des missions de l’OTASS. Elle créa les premières circonscriptions d’action sociale.
De 1996 à 2001, B. Vernaudon fut ministre de la Solidarité et de la Famille du Gouvernement de G. Flosse. Son objectif était d’accompagner la reconversion économique de la Polynésie en maintenant et en renforçant la cohésion sociale à l’aide de trois programmes prioritaires :

  • la consolidation de la Protection Sociale Généralisée (PSG) et la maîtrise de ses financements,
  • le développement de l’action sociale et l’organisation en Polynésie de la formation qualifiante des travailleurs sociaux
  • la définition d’une politique de la famille.

En mai 2001, elle fut élue conseillère sur une liste du Tahoera’a à l’assemblée de la Polynésie française et devint présidente de la Commission des Affaires Sociales et de la Condition Féminine.
Le 1er juin 2000, elle fut élue député de la 2ème circonscription. Membre de la Commission des affaires familiales, sociales et culturelles ainsi que de la délégation aux droits des femmes, élue au Bureau politique de l’UMP (juin 2003), elle s’impliqua fortement dans l’intergroupe parlementaire Outre-mer. L’instabilité politique de la période et son isolement politique grandissant au sein du Tahoera’a ne lui permirent pas de faire aboutir les dossiers qui lui tenaient à cœur : reconstruction du centre pénitentiaire, réforme de l’aide juridictionnelle, décret sur l’adoption des enfants polynésiens… Elle adopta en effet une attitude bienveillante à l’égard des gouvernements Temaru, tout en désapprouvant plusieurs de ses initiatives.
Après la motion de censure d’octobre 2004 qui renversa O. Temaru, B. Vernaudon apporta son soutien à la demande de ce dernier de dissolution de l’assemblée. Le 13 décembre 2004, elle annonça sa démission de ses fonctions d’adjointe au maire de Pirae et sa « mise en réserve » du Tahoera’a. Elle milita pour un rapprochement entre les forces politiques pour le bien du pays. Cette attitude fut généralement mal comprise. En 2007, elle ne reçut ni l’investiture de l’UMP, ni celle du parti orange.
Le Tahoera’a lui ayant opposé la candidature de Bruno Sandras, elle fut battue en juin 2007 en étant éliminée au premier tour des élections législatives.
En juillet 2007, mal à l’aise devant le rapprochement Temaru/Flosse, elle fonda un mouvement citoyen « Tiatau, pour une Polynésie du partage » et devint en octobre de la même année membre fondateur du To Tatou Ai’a.
Elle fut alors élue en février 2008 à l’assemblée de la Polynésie française, seconde sur la liste To Tatou Ai’a. B. Vernaudon fut très choquée par l’alliance qui permit provisoirement le retour de G. Flosse au pouvoir.
En mars 2008, elle se lança à la conquête de la mairie de Pirae (dont elle était déjà conseillère municipale depuis avril 2000) considérée comme une forteresse du Tahoera’a depuis que G. Flosse en avait élu maire en 1972, contre E. Fritch qui la dirigeait depuis avril 2000. L’étroitesse de sa victoire au second tour ne masqua pas la performance électorale. Elle devint donc maire de Pirae, le 22 mars 2008, estimant qu’il s’agissait « d’un bouleversement politique et humain considérable ».
Le retour au pouvoir de G. Tong Sang n’apporta pas les résultats qu’elle escomptait. Les difficultés au sein de l’alliance Taohera’a/Tavini l’engagèrent à soutenir une nouvelle majorité autour d’O. Temaru en avril 2009. Détachée du To Taou Ai’a, elle se rapprocha de J-C Bouissou et constitua avec lui le groupe Ia ora Te Fenua à l’assemblée.
Elle fut alors élue, en avril 2009, présidente de la commission permanente de l’assemblée de la Polynésie française
Elle désapprouva la motion de défiance qui mit fin au gouvernement du président Temaru, le 24 novembre 2009.

B. Vernaudon a été et reste engagée dans la vie associative, soutenant le combat des femmes pour la parité en politique et pour toutes les actions qui les protégeraient des violences exercées contre elles, et s’engageant récemment dans le club polynésien de la francophonie.

[J.M.Regnault]

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