Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L’adoption du Code Tamatoa -

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L’adoption du Code Tamatoa


Le 12 mai 1820, un code de lois fut unanimement et publiquement adopté à Raiatea et fut, reconnu comme étant les bases de la justice publique par les chefs et la population de Tahaa, Bora-Bora et Maupiti. Les lois de Raiatea étaient, pour le fond, une copie de celles émises par le gouvernement tahitien l'année précédente. Elles contenaient vingt-cinq articles et comprenaient plusieurs importants décrets passés sous silence dans le code tahitien. Le plus important fut l'institution du jugement par un jury. C'était probablement la plus grande « bénédiction civile » reçue jusqu'ici par les habitants du Pacifique et les générations futures penseront avec gratitude aux missionnaires de Raiatea, dont les avis et les conseils permirent l'établissement de ces lois en Polynésie.
Naturellement violents et sans pitié quand ils étaient sous le coup d'une offense, nous trouvions les indigènes trop sévères envers les coupables. Quand nous intercédions occasionnellement en faveur de ceux qui nous semblaient recevoir une punition plus importante que le crime qu'ils avaient commis, nous nous efforcions de nous conduire d'une manière juste et humaine, d'après des notions de justice tirées des Saintes Écritures. Toutefois, nous nous gardions de nous mêler à leurs jugements et de soutenir les méfaits de ceux pour lesquels nous demandions de l'indulgence.
Les nouvelles lois avaient maintenant été établies à Tahiti et à Eimeo depuis bientôt trois ans; celles de Raiatea, de Tahaa et de Bora-Bora existaient déjà depuis douze mois ; à Huahine, le chef en avait fait la base de son administration de la justice, mais encore aucun code n'avait été promulgué. Ils avaient déjà fait appel à nous pour les aider à préparer des lois à l'usage des îles qui se trouvaient sous leur domination. Nous avons fait de notre mieux pour cela, leur recommandant en même temps d'ajourner la publication de leurs lois jusqu'à ce qu'ils aient pris le temps d'observer l'effet de celles déjà en vigueur chez les habitants des îles adjacentes. Il fallait aussi obtenir l'accord de la sœur de la reine, qui résidait alors à Tahiti, et était nominalement la souveraine de Huahine ; le gouvernement de l'île lui ayant été jadis offert par Mahine, le chef héréditaire. Cette donation qui avait été faite plusieurs années avant qu'ils n'embrassent le christianisme, avait souvent été la cause de complications. Le gouvernement intérieur de l'île a toujours été confié aux chefs y résidant, mais pour certains sujets concernant la population ou les rapports avec les gouvernements des autres îles, on avait toujours jugé nécessaire, pour une question d'étiquette ou tout au moins de courtoisie, de consulter Teriitaria. Et par suite, on pouvait lui soumettre les lois et recevoir son approbation à leur sujet.
Les lois concernaient seulement les chefs et la population et étaient entièrement régies par ces premiers, c'était à la seule autorité des chefs qu'il revenait de les faire appliquer mais elles devaient être promulguées au nom de la reine, aussi bien qu'en celui de Mahine et des autres chefs de l'île. L'introduction de nouvelles lois étant une chose très importante pour la nation, on
trouva nécessaire qu'une délégation de chefs parte pour Tahiti dans le but de recevoir l'approbation de la reine. Il était également désirable que Mr. Barff et moi-même accompagnions cette délégation pour que nous puissions nous renseigner auprès de Mr. Nott sur l'adaptation des lois aux conditions de la population et changer au besoin celles préparées pour Huahine.

[W. Ellis, A la recherche de la Polynésie d’autrefois]

Page de titre du code de Raiatea dit "Code Tamatoa"

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