Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le voyage de Bellingshausen -

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Le voyage de Bellingshausen


Le 3 juillet 1819, mirent à la voile de Cronstadt, le Vostok (l'Orient) sous les ordres et le Mirny (le Pacifique), commandé par le lieutenant M. Lazareff. En janvier 1820, les navigateurs dépassaient le cercle antarctique ; deux semaines plus tard, par 67° de latitude sud, ils apercevaient dans les brumes une terre. C'était certainement le continent antarctique, qu'ils furent donc les premiers à voir. Au printemps, Bellingshausen, remontant vers le nord, explora les Touamotou, mouilla à Tahiti, parcourut l'archipel des Fidji, puis se rendit à Port Jackson et en Tasmanie, avant de repartir en novembre vers le sud, de façon à bénéficier de l'été austral.
Au cours des relâches et pendant la navigation, Bellingshausen accomplissait les tâches d'un naturaliste. Il constata le premier la migration vers le sud des baleines au commencement de l'été austral. Dans la Terre de Van Diemen, il remarqua que, comme les Tasmaniens eux-mêmes, la faune insulaire était déjà en voie de disparition. Les îles Macquarie proches du cercle antarctique avaient été ravagées par les équipages des phoquiers. […]
A son retour, en 1821, Bellingshausen rapportait des renseignements scientifiques de tous ordres. Bien qu'il n'eût trouvé que deux îles dans l'Antarctique, il avait complété le périple de Cook en contournant le pôle Sud par la voie inverse ; il avait aussi découvert une vingtaine d'îles dans l'archipel des Touamotou et autant dans celui des Fidji. Enfin, il avait rassemblé une riche collection d'oiseaux.
Bellingshausen fut un des derniers explorateurs maritimes dans le grand style, celui de
Cook. Grâce à son récit de voyage, nous pouvons jeter un ultime regard sur l'océan Antarctique avant son invasion et sur les îles des tropiques avant qu'elles deviennent un monde de forçats, d'aventuriers, d'indigènes persécutés et décimés par l'alcool et les maladies vénériennes apportés par les Blancs, avant que les plages du Sud soient rougies de sang, avant tous ces désastres que Cook déjà avait prévus.

[J. Brosse, Le tour du monde des explorateurs, Bordas]


Pomare II partage son repas avec Bellingshausen et ses officiers

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