Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La mort de Pomare II (1824) -

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La mort de Pomare II (1824)


On racontait qu'il s'adonnait également à d'autres vices plus vils encore, mais je ne souhaite pas exposer les mauvais côtés de son caractère, la vérité et l'impartialité réclament tout ce qui a été dit, et c'est avec un plaisir beaucoup plus grand que nous ferons remarquer sa constante bienveillance envers les missionnaires et sa fidèle protection spécialement dans les moments les plus difficiles, quand les guerres civiles les forçaient à abandonner leurs demeures et à chercher la sécurité dans la fuite. Son inébranlable adhésion à la foi chrétienne au milieu des plus grandes humiliations et son puissant appui, ont rendu énormément de services à la nation. Sans vouloir juger de sa félicité éternelle, il fut certainement un instrument de Dieu (qui choisit ses porte-parole dans toutes les situations et qui s'en sert aussi longtemps qu'il le juge bon) pour le renversement du culte des idoles, l'introduction du christianisme et l'établissement d'un code de lois fondé sur les principes de la vraie religion ; on doit donc le considérer, sinon comme le père, du moins comme un incontestable bienfaiteur de son pays. Pomaré n'était pas hostile aux entretiens sur les problèmes religieux et aux engagements de la piété. Nous avons discuté très librement ensemble la dernière fois que je l'ai vu, environ deux mois avant sa mort. Il exprima ses appréhensions sur l'accroissement de son mal, mais ne semblait pas penser qu'il serait fatal ; peu après, il partit pour Tahiti, où il mourut. Durant sa maladie, il était soigné par Mr. Crook qui lui rappela, durant leur dernière conversation, le nombre et la gravité de ses péchés, et l'orienta vers Jésus-Christ qui seul pouvait sauver son âme ; pour toute réponse il dit « Jésus-Christ seul » et une heure après il expirait.
Les lamentations de ses amis et de celles de la population aux alentours furent grandes ; une tombe fraîche fut creusée pour ses restes, près de la grande chapelle qu'il avait construite à Papaoa. Messieurs Nott, Davies et Henry, les missionnaires les plus anciens de l'île, présidèrent les services religieux de ses funérailles, auxquelles assistaient tous les missionnaires et une multitude de gens. Mr. Nott, avec lequel il avait été très intime, et qui plus que d'autres avait eu de nombreuses occasions de comprendre son caractère, regrettait profondément sa mort. Personne ne sentait la perte de sa collaboration plus que Mr. Nott qui s'était principalement occupé de la traduction des Saintes Écritures. Pour cette tâche, Pomaré était bien qualifié et toujours prêt à rendre les plus précieux services. Il connaissait très bien la langue, les usages et les anciennes coutumes de la population et ses corrections étaient généralement faites avec beaucoup de jugement et de soin. Le dictionnaire de la langue tahitienne dont il avait commencé de rassembler les éléments aurait été, s'il avait été terminé, un trésor inestimable, mais il l'avait à peine commencé quand la mort, à la fleur de l'âge, arrêta son dessein.

[W. Ellis, A la recherche de la Polynésie d’autrefois]


Tombeau de Pomare II

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