Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Ascension politique et recherche désespérée d’une majorité stable -

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Les présidents de la Polynésie française

Gaston Tong Sang

2/ Ascension politique et recherche désespérée d’une majorité stable

G. Tong Sang bénéficie du fait que G. Flosse n’a plus guère la possibilité de parvenir à la présidence, car il ne se trouve pas assez de représentants à l’assemblée pour le soutenir. C’est donc G. Tong Sang qui est poussé en avant après la motion de censure qui renverse O. Temaru le 13 décembre 2006. Il est élu président de la Polynésie française le 26 décembre 2006. Au second tour, il recueille 31 voix. Mais son échec au premier tour a révélé que la coalition qui le porte au pouvoir est fragile et que certains élus exercent un chantage pour monnayer leurs voix. De plus, G. Flosse ne semble pas apprécier d’être écarté du pouvoir et ne tarde pas à porter des critiques contre le gouvernement.

La surprenante entente qui s’établit en juillet 2007 entre G. Flosse et son ennemi de trente ans O. Temaru fragilise G. Tong Sang qui est finalement renversé par une motion de censure le 31 août 2007. Le Tahoera’a s’est partagée à l’occasion, surtout pour élire à nouveau O. Temaru à la présidence. Les militants et électeurs du parti orange se divisent en effet et G. Ton Sang estime alors nécessaire et opportun (des élections territoriales sont prévues début 2008) de créer un nouveau parti, O Porinetia To Tatou Ai’a le 27 septembre 2007. Autour de lui on trouve des élus des ISLV, le docteur Ienfa et Tearii Alpha. G. Tong Sang déclare qu’il na pas créé un parti pour affaiblir les autres, « mais pour renforcer le camp autonomiste ». En même temps, alors que G. Flosse prend ses distances avec le président de la République qu’il a pourtant contribué à faire élire, G. Tong Sang se veut un fidèle soutien de Nicolas Sarkozy et de l’UMP. Rapidement, G. Tong Sang fédère autour de lui plusieurs mouvements autonomistes, n’hésitant pas à chercher le soutien du Ai’a Api dont le leader est pourtant incarcéré.
Tandis qu’une large majorité de l’APF rejette le statut proposé par Christian Estrosi, les proches de G. Tong Sang l’approuvent et mènent campagne, persuadés que les électeurs souhaitent un profond renouveau. Ils ont apparemment raison au vu des résultats des élections territoriales des 27 janvier et 10 février 2008. Les électeurs se sont détournés en nombre du Tahoera’a, mais l’UPLD résistent bien et talonne le To Tatou Ai’a. Une série de maladresses entre les deux tours (le rejet de Nicole Bouteau) et la présence sur les listes de personnalités peu fiables ou peu représentatives font que la coalition n’obtient que 27 voix, soit moins que la majorité absolue (29 voix). Les observateurs pensent que le camp autonomiste portera logiquement G. Tong Sang à la présidence et la presse annonce un peu vite qu’une « page est tournée ». Contrairement aux engagements de campagne, une alliance entre l’UPLD et le Tahoera’a porte G. Flosse à la présidence. L’UMP exclut alors ce dernier de ses rangs et G. Tong Sang fait figure de leader local de cette formation politique, ce qui est concrétisé par une convention signée le 17 juin 2009.
Des élus de l’UPLD quittent rapidement la nouvelle majorité et une motion de défiance amène G. Tong Sang à la présidence le 15 avril 2008. Toutefois, il n’obtient que 29 voix, c’est-à-dire qu’il reste à la merci d’un élu qui pourrait changer (ou rechanger) de camp.

Si les élections municipales de mars 2008 permettent au To Tatou Ai’a de remporter quelques succès, ils sont insuffisants pour permettre à G. Tong Sang et à Béatrice Vernaudon de conquérir les sièges de sénateurs le 21 septembre suivant. Les deux candidats qui ont aussi reçu l’investiture « majorité présidentielle » sont battus, entamant d’autant le crédit du président du pays.

Les difficultés s’amoncellent en effet rapidement sur le gouvernement et la majorité qui le soutient. Le président a du mal à résister aux pressions qui s’exercent de toutes parts pour l’obtention d’avantages divers. Début 2009, des élus To tatou Ai’a quittent la majorité. Jean-Christophe Bouissou constitue un nouveau groupe à l’assemblée et s’allie avec O. Temaru. G. Tong Sang préfère démissionner et une alliance nouvelle se noue autour d’O. Temaru qui retrouve une fois de plus le pouvoir en février. Rapidement cependant, la coalition au pouvoir se distend sous les critiques du Tahoera’a. Des représentants continuent régulièrement à changer de camp. En avril 2009, O. Temaru noue une nouvelle alliance avec G. Tong Sang.
Ainsi, malgré tous les discours sur le danger de l’indépendance, tous les autonomistes ont rejoint à un moment ou à un autre les amis d’O. Temaru, rendant ainsi le débat autonomie versus indépendance de plus en plus flou, même si des raisons d’opportunisme politique le réaniment parfois plus ou moins durablement.

La crise économique qui secoue le pays (relayant la crise mondiale), la crise sociale qui s’amplifie et le retrait plus ou moins avoué de l’État provoquent un malaise politique grandissant. Aucune solution ne semblant se dessiner, G. Tong Sang propose d’essayer une alliance qui, dit-il, n’avait pas encore été tentée : To Tatou Ai’a et ses alliés que viendraient rejoindre le Tahoera’a. Une nouvelle motion de défiance est votée le 24 novembre 2009 et G. Tong Sang redevient président pour la troisième fois au moment où G. Flosse est en détention provisoire.

Une fois de plus, la majorité qui soutient le gouvernement révèle sa fragilité et G. Tong Sang conserve la présidence par ce que l’opposition ne parvient pas à s’accorder sur le nom de son successeur éventuel.

Ainsi, G. Tong Sang, s’il a eu une ascension politique plutôt inattendue et bénéficié début 2008 d’un vaste courant de sympathie, s’est heurté tout autant aux difficultés inhérentes à la Polynésie en pleine reconversion économique qu’aux jeux politiques dont le pays est friand.

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