Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le problème et la signification de la participation électorale -

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L’élection présidentielle de 2007

Le problème et la signification de la participation électorale

En 2007, pour l’élection présidentielle, on dénombre 167 979 électeurs contre 149 431 en 2002 : 18 548 électeurs en plus, soit une augmentation moyenne de 12,4% qui cache d’importantes disparités.


  2002 2007 accroissement en %
Iles du Vent (Tahiti, Moorea) 110 548 123 718 11
Iles Sous-le-Vent 19 283 22 775 18
Marquises 5 296 6 092 15
Tuamotu-Gambier 10 273 10 777 4
Australes 4 031 4 624 15

Électeurs inscrits (1)

Cette augmentation tient davantage à l’inscription sur les listes électorales des générations nouvelles qu’à l’arrivée de métropolitains (dont on ne négligera cependant pas la venue aux Îles du Vent en particulier)  (2).

Cette progression n’était pas récente. Déjà, lors des élections territoriales de 1996 et 2001, les observateurs de la vie politique se demandaient si l’arrivée massive de jeunes électeurs n’allait pas bouleverser le paysage politique. La montée des indépendantistes avait été nette en 1996, mais contenue en 2001. En 2004, par contre, une progression spectaculaire de ceux-ci et de leurs alliés, montrait que - par leur participation massive - les jeunes électeurs s’étaient affranchis des consignes habituellement données au sein des familles ou des groupes partisans.

En 2007, la question par rapport à cet électorat se posait à nouveau : fonctionnerait-il dans les identifications partisane ou idéologique ? En 2004/2005, il semble que l’identification idéologique avait dominé.

Une inconnue pesait sur les scrutins de 2007, celle de la participation électorale car le taux de participation à l’élection présidentielle chutait depuis l’autonomie interne et également en raison des consignes d’abstention données par les indépendantistes : elle n’était plus que 51,4 % en 1995 et était remontée légèrement à 55 % en 2002.

Cependant, le Tavini était à la recherche d’un positionnement différent. Tandis que G. Flosse semblait au sommet de sa puissance et que la connivence avec le président de la République était évidente, il fallait allumer des contre-feux. Une alliance avec un grand parti métropolitain parût alors une solution, d’où la convention avec le Parti Socialiste en 2004. La logique de la convention amenait le Tavini à annoncer sa participation à la présidentielle. De plus, le parti avait tiré l’enseignement qu’il devait combattre « l’État-UMP » qui ne remplissait plus, selon lui, son rôle d’État impartial, surtout pendant la période de gouvernement d’O. Temaru. Le Tavini espérait qu’en réintégrant le jeu politique national, il pourrait mieux lutter contre les dérives de l’époque de G. Flosse, même si les socialistes n’emportaient pas les élections. Pourtant, il n’était pas certain que les indépendantistes et leurs alliés (au sein de l’UPLD) pussent mobiliser un électorat habitué à se désintéresser de la présidentielle et de le faire voter pour une candidate jusque-là quasi inconnue. Les indépendantistes et leurs alliés ont, non seulement appelé à voter, mais ils ont aussi soutenu ardemment Ségolène Royal en organisant des meetings dans toute la Polynésie. C’est à cette mobilisation que l’on doit le taux de participation le plus élevé qu’ait connu la Polynésie française depuis l’autonomie, pour ce type d’élection (plus de 69 % au premier tour et 74,72 % au second).

Dans le contexte nouveau depuis 2004, le choix du président de la République s’était avéré déterminant pour la vie politique polynésienne. Ce constat ne concernait pas seulement les indépendantistes et leurs alliés, mais l’ensemble des forces politiques. En effet, la période du Taui avait démontré que la vie politique dépendait étroitement des relations entre les majorités nationale et locale. Sous le Taui, le Gouvernement de la République refusa, après les élections territoriales du 23 mai 2004, de reconnaître le verdict des urnes en rappelant à l’Assemblée nationale que « le processus électoral n’est pas terminé » et en appelant directement les partis autonomistes pour qu’ils choisissent le camp du Tahoera’a. De même, le retour de G. Flosse au pouvoir en octobre 2004 sembla se faire avec l’aide de Paris. Dès lors, il devint évident que l’élection présidentielle avait des répercussions sur la vie politique locale, d’autant que la ministre de l’Outre-Mer avait dit que le Gouvernement pourrait « fermer les robinets ».


(1) Malgré des efforts, les listes électorales restent peu fiables. Les transferts et les radiations tardent souvent à être effectués.
(2) Au moins aux IDV, ces nouveaux électeurs métropolitains (fonctionnaires sous contrats ou retraités qui viennent profiter des avantages financiers) semblent poser un problème : les indépendantistes et leurs alliés estiment que leur venue fausse le débat entre Polynésiens et souhaitent modifier les règles d’inscription sur les listes électorales.


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