Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le séjour de Duperrey à bord de la Coquille -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Les événements marquants | 1819-1824. Les lois missionnaires | « La Coquille » à Tahiti

Le séjour de Duperrey à bord de la Coquille


Une déception

Les navigateurs avaient hâte d'arriver à la Nouvelle-Cythère de Bougainville qui n'avait plus été visitée par les Français depuis son voyage. La désillusion fut complète : « Il ne vint aucune femme à bord. Les Tahitiens nous dirent qu'elles nous attendaient sous les arbres (...) Nous avions le désir de reconnaître si M. de Bougainville disait la vérité en les comparant à Vénus (...) Nous ne retrouvâmes sous les arbres que plusieurs hommes qui s'amusèrent beaucoup de notre méprise (...) L'île de Tahiti est aujourd'hui si différente de celle qu'elle était du temps de Cook qu'il est impossible de vous en donner une idée complète. Les missionnaires de la Société royale de Londres ont totalement changé la direction des mœurs et des coutumes de ces peuples. Les femmes sont d'une réserve extraordinaire (...) Il existe peu d'hommes à Tahiti qui ne savent lire et écrire (...) et nous fûmes bien étonnés de voir les Tahitiens (...) offrant une poignée de main, mangeant avec une fourchette (...) nous qui nous attendions à voir des hommes sauvages à l'état de nature ». Les missionnaires anglais s'étaient installés dans l'île en 1797 ; alors Pomaré 1er, qui avait connu Cook, vivait encore, il ne mourut qu'en 1803. En 1807 son fils, Pomaré II, s'était converti au christianisme, mais l'année suivante ses sujets l'avaient chassé. Il ne reprit le pouvoir qu'en 1809 et entreprit alors de convertir ses sujets par la violence. Lors de la venue de la Coquille, le roi, Pomaré III vivait sous la tutelle de sa tante, Pomaré-Vahiné. Celle-ci veillait à ce que l'enfant reçu une éducation purement anglaise et c'est par les missionnaires qu'il fut couronné l'année suivante. Se rendant compte que les cartes de l’archipel contenaient de grossières erreurs et voulant les corriger, Duperrey visita plusieurs autres îles, dont Bora Bora où les indigènes se montrèrent encore plus réservés que les Tahitiens et ne montèrent à bord que lorsqu'ils y furent invités.

Un succès scientifique


Le 22 août 1825, l'Académie des sciences réunie en séance solennelle recevait les navigateurs. Duperrey exposa les résultats obtenus dans le domaine de la géographie, de l'hydrographie et de la physique du globe. Cuvier prit ensuite la parole pour présenter brièvement l'inventaire encore en cours des échantillons d'histoire naturelle. Cette expédition, conclut-il, avait été « scientifiquement exemplaire ». La collection géologique comprenait 300 échantillons typiques rassemblés par Lesson.
D'Urville avait récolté 3 000 espèces de plantes dont 400 étaient probablement nouvelles. Dans les collections zoologiques, on dénombrait plusieurs crânes humains, douze espèces nouvelles de quadrupèdes, 254 espèces d'oiseaux, dont 46 nouvelles, parmi lesquelles les fameux paradisiers, 63 espèces de reptiles et amphibiens, dont 15 à 20 nouvelles, 298 poissons conservés dans l'alcool, 70 d'entre eux avaient été peints par Lesson, 1 100 espèces d'insectes, enfin plus de 1 000 invertébrés marins.

[J. Brosse, Le tour du monde des explorateurs, Bordas]


La Coquille de L.Duperrey

Retour en haut de page