Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Un électorat fatigué d'une longue campagne -

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Les élections législatives (juin 2007)

Un électorat fatigué d'une longue campagne

Les députés sortants avaient été élus en 2002, dès le premier tour, sous l’étiquette UMP/Tahoera’a, : il s’agissait de Michel Buillard, maire de Papeete et de Béatrice Vernaudon. Après l’alternance de 2004, cette dernière prit ses distances avec le Tahoera’a, tentant de se placer « au-dessus de la mêlée » pour défendre « les intérêts du peuple ». Cela lui a valu de gagner un fort capital de sympathie dans les sondages. La députée devait éprouver que ce « capital » ne se traduisait pas forcément dans les urnes. Elle prit aussi quelques distances avec l’UMP, puis se ravisa et chercha finalement à en obtenir l’investiture contre l’avis du Tahoera’a qui lui préféra Bruno Sandras, secrétaire général du parti, ancien syndicaliste et maire de la commune de Papara. Si l’UMP investit rapidement M. Buillard soutenu par le Tahoera’a, il n’en fut pas de même pour B. Sandras qui, cependant, finit par obtenir le label UMP. B. Vernaudon, qui avait soutenu le candidat Sarkozy, se présenta sans étiquette, annonçant cependant qu’elle rejoindrait le groupe UMP de l’Assemblée nationale en cas de victoire. Elle eut l’habileté de prendre pour suppléant Benoît Kautai, maire de Nuku Hiva aux Marquises qui, lui, avait soutenu efficacement S. Royal. Elle reçut l’appui du maire de Mahina, Émile Vernaudon, appui encombrant et en contradiction avec l’image de droiture politique que la candidate voulait donner.

D’autres petits partis qui avaient soutenu la candidature de N. Sarkozy présentèrent également des candidats, notamment Rautahi, dissident du Tahoera’a mais allié au président Tong Sang. Ce dernier dut manœuvrer difficilement pour apporter son appui aux candidats. Dans la circonscription Ouest, il soutint le député sortant, ce qui lui valut d’amers reproches du parti Rautahi. Dans la circonscription Est, il laissa la liberté de vote pourvu que les électeurs s’opposassent aux « indépendantistes », ce qui lui valut d’amers reproches du Tahoera’a cette fois.

Du côté de l’UPLD, un fort courant militant poussa O. Temaru à se présenter, ce qui avait l’avantage de pouvoir mobiliser l’électorat indépendantiste et nostalgique du Taui, mais ferait reculer une partie de l’électorat qui voyait dans ce leader un homme peu ouvert, voire xénophobe. Sa suppléante était Chantal Florès, maire de l’île de Tubuai aux Australes, plus connue comme autonomiste que comme indépendantiste. L’UPLD choisit, pour la circonscription Est, Pierre Frébault, ancien ministre du travail du Taui, ancien leader syndical, qui n’avait pas pris position pour la revendication indépendantiste et se disait plutôt autonomiste. C’était un orateur de qualité dans les deux langues et quelqu’un qui avait la réputation d’être un « modéré » et un « technicien » (il avait représenté la Polynésie au Conseil Économique et Social). Au contraire, son suppléant, Victor Maamaatuaiahutapu, était connu pour défendre des positions indépendantistes assez radicales. Les bulletins des candidats de l’UPLD avaient la couleur bleue du Tavini et la croix (avec la formule Te Atua To’u Fatu = Dieu est mon maître) autre symbole du parti. Les électeurs qui votaient pour ces candidats savaient pertinemment qu’ils éliraient éventuellement des hommes prêts à soutenir la revendication indépendantiste, avec plus ou moins de conviction. Le PS avait appelé à voter pour les candidats UPLD qui promirent qu’en cas de victoire ils siègeraient comme apparentés au groupe socialiste. Les candidats avaient convenu de se partager le travail. O. Temaru ferait connaître la situation encore coloniale qui règnerait à Tahiti et parlerait de la culture maohi inconnue du peuple français. Il tenterait d’arracher des transferts de compétences en faveur du pays. Son principal souci serait d’obtenir la dissolution de l’assemblée locale. P. Frébault défendrait les dossiers en faveur du pays.

Les partis qui avaient appelé à voter pour F. Bayrou présentèrent également des candidats, mais leur rivalité ne permit pas de trouver une entente. Le Modem ajouta à la confusion en apportant son aval à Nicole Bouteau du No Oe E Te Nunaa dans la circonscription Ouest et à Henriette Kamia du Fetia Api dans la circonscription Est. Ces candidats prétendaient incarner une « troisième voie » entre les deux grands blocs. Ils étaient concurrencés sur ce créneau par d’autres, comme B. Vernaudon ou les candidats de Rautahi.
Des dissidents de plusieurs formations se présentèrent également. Dans chaque circonscription, il y eut 11 candidats, dont deux ne présentèrent pas de documents de vote. Onze candidats n’obtinrent pas 2 % des voix.
Le manque de culture politique de la plupart des candidats fit que souvent, le programme présenté convenait plus à des élections territoriales qu’à des élections législatives.

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