Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les parlementaires - sénateur - Richard Tuheiava -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Galerie des personnalités | Depuis 2004.Le Taui et ses suites | Les parlementaires - sénateur - Richard Tuheiava

L’Assemblée de la Polynésie française.


Richard Tuheiava
Né à Papeete, le 28 février 1974. Son père a été traducteur interprète au palais de Justice quand il fut en retraite de l’enseignement. R. Tuheiava suivit des études à Tahiti, notamment à l’Université (licence en droit privé en 1993), puis à Aix-en-Provence où il obtint un DESS. Se destinant à la profession d’avocat, il prêta serment devant la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence en 1997 avant de rejoindre le Fenua en août 1998. Il monta son propre cabinet en 2002.

Dès son retour en Polynésie, il s’engagea dans les milieux associatifs. Il devint secrétaire général de la section polynésienne de la Ligue des Droits de l’Homme, fonction qu’il occupa jusqu’à son élection au Sénat.

Il porta un vif intérêt à tout ce qui touchait à la culture polynésienne et à l’environnement. À la Jeune Chambre économique de Papeete, la JCET (où il entra en 2004), il dirigea la commission chargée de mettre en œuvre la préservation du patrimoine culturel et naturel. En mai 2006, il participa à la création d’une association basée à Raiatea (Na Papa e Va’u) favorise les échanges culturels au sein du « Triangle polynésien ». Prolongeant son action à la JECT, il monta un dossier pour que le site du marae Taputapuatea fût un jour inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. À cet effet, il participa aux conférences UNESCO des États du Pacifique en Nouvelle-Zélande (février 2007) et en Australie (octobre 2008). Il fut élu secrétaire du Bureau d’ICOMOS pour le Pacifique (Conseil international des monuments et des sites).

Il fut élu pour une année président de la JCET début 2007, année pendant laquelle se tint à Tahiti le premier Forum International des Pays du Pacifique.

Il s’intéressa rapidement à la vie politique. Lors des événements de 2004-2005, il fut invité par RFO à débattre de la réforme électorale face à Maître Quinquis. En mars 2008, il fut élu conseiller municipal d’opposition à Arue sur une liste UPLD. Remarqué par O. Temaru, il fut proposé comme candidat UPLD pour l’élection sénatoriale de 2008. La Polynésie venait d’être dotée d’un deuxième siège de sénateur. À ce moment, l’UPLD fit alliance avec le sénateur sortant G. Flosse. Ce dernier et R. Tuheiava furent élus dès le premier tour, le 21 septembre 2008, contre G. Tong Sang et Béatrice Vernaudon. R. Tuheiava – bénéficiant de la récente disposition abaissant l’âge d’éligibilité au Sénat de 35 à 30 ans – devint le benjamin de la Chambre haute. Il s’inscrivit comme apparenté au groupe socialiste, intégra la commission des lois constitutionnelles ainsi que le groupe d’amitié « France-Vanuatu et îles du Pacifique ». Après Pouvanaa a Oopa (dont R. Tuheiava cherche à obtenir la révision du procès de 1959), John Teariki et Francis Sanford, c’est un parlementaire souverainiste qui fut élu au Sénat. Il milite du reste pour la réinscription de la Polynésie sur la liste onusienne des pays à décoloniser. Sa présence à Nouméa, en mai 2010, pendant la tenue du séminaire décentralisé du Comité de décolonisation de l’ONU, attesta de cet engagement qui sembla mécontenter vivement les autorités françaises. Ses positions sur la question de l’indépendance s’inscrivent dans le cadre d’un partenariat avec la France qui serait redéfini. Le pays ayant acquis progressivement sa pleine souveraineté - et étant mieux intégrée dans l’environnement régional - garderait des liens économiques, politiques et culturels avec la France et l’Europe. D’ici là, toutes les forces vives du pays et de l’État devraient contribuer à construire un développement économique respectueux de l’environnement, enraciné dans l’héritage culturel et bâti sur les ressources du pays et le génie de ses habitants. Le statut actuel devrait être amendé dans le sens d’un développement démocratique et d’une stabilité politique jusqu’ici illusoire.

Le nouveau sénateur se montra très actif pour défendre ou appuyer les deux dossiers d’inscription au patrimoine de l’humanité (le complexe sacré de Raiatea et les îles Marquises). Du 1er au 7 novembre 2009, il patronna l’Atelier du Patrimoine Mondial des pays du Pacifique sur l’île de Maupiti et fit rédiger une « Déclaration des Pays du Pacifique sur la dimension culturelle de l’Océan ». Il combattit également au Sénat les dispositions controversées de la « loi Morin ». Il prend l’initiative de déposer un projet de loi sur le suivi des conséquences des essais nucléaires sur l’environnement. D’ailleurs, il fit étudier un volet environnemental lors du congrès des communes en juillet 2010 à Punaauia qui déboucha sur une déclaration de celles-ci sur le changement climatique, une démarche originale et exceptionnelle.

L’action du sénateur est troublée par l’intervention du Conseil de l’Ordre du barreau de Papeete qui lui reproche des « manquements à la délicatesse, à la probité et à l’honneur de la profession d’avocat » en raison de dysfonctionnements de son cabinet en 2007 et début 2008. R. Tuheiava considère qu’il a apuré les erreurs ou retards qui ont pu être commis. Il voit dans la sanction qui le frappe (interdiction temporaire d’exercer la profession d’avocat), un règlement de comptes politique… L’appel ayant été déclaré recevable le 26 août 2010, le sénateur espère obtenir gain de cause. Cependant, il avait déjà décidé, en mars 2010, de se consacrer exclusivement à son mandat électif en démissionnant de l’Ordre des avocats de Papeete.

Retour en haut de page