Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Felix Marant-Boissauveur, marin dessinateur -

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Felix Marant-Boissauveur, marin dessinateur


F. Marant-Boissauveur, officier de marine et dessinateur de talent est une découverte du père Patrick O’Reilly lors d’un séjour à la Dixon Library de Sydney en 1977. Il nait à Lorient en 1821 dans une famille de marins. Il entre lui-même dans la marine en 1839 en qualité d’écrivain et devient commissaire de deuxième classe en 1841. En octobre 1844 il embarque à bord de la corvette l’Héroine qui quitte Brest pour un voyage de cinq ans dans le Pacifique. Durant son service il prend des notes (qui serviront de base au récit manuscrit du voyage) et exécute des dessins, aquarelles et gouaches réunis dans les trois volumes « reliés en maroquin tabac » que consulte P. O’Reilly.


Paraita, régent (vice-roi) de Taïti.
DL PXX 34 f.40, Dixson library, Library of New South Wales. DR


L’intérêt de ce document pour l’histoire de Tahiti réside dans le fait que l’Héroine séjourne deux fois à Tahiti. Une première fois en octobre 1845, la seconde en février 1846, alors que l’île est entrée dans la « guerre franco-tahitienne ».
Les marins de l’Héroine participent à la défense de Tahiti et Marant-Boissauveur se fait le chroniqueur d’un conflit qui a été peu illustré si ce n’est par Charles Giraud dessinateur officiel de la Marine auprès du gouverneur Bruat.

On découvre ainsi à quoi ressemblait « La vallée de la Punaruu et un camp retranché ennemi », le « Lieutenant de vaisseau Lejeune, officier de l’expédition Punaauia », un « Blockhaus, ancien camp de l’Uranie », et un « Soldat canaque des troupes de Paraita ». Il offre également un témoignage précieux sur les motifs de tatouage tahitiens avec deux délicates aquarelles « Mains de femmes de Tahiti » et « Jambe de Parima tane et cuisse de Parima vahine ».


Soldat canaque des troupes de Paraïta, f.41. DR


Le pseudo Marant-Boissauveur

En 1998, François Jacquin (découvreur de deux albums d’aquarelles conservés dans sa famille don l’auteur est René Gillotin, marin-dessinateur et circumnavigateur de 1840 à 1856), après avoir étudié les microfilms du manuscrit de Sydney, constate plusieurs invraisemblances qu’il attribue à la précipitation du père O’Reilly. Pour lui, celui qu’il appelle le « pseudo Marant-Boissauveur » a quitté l’Héroine en 1847, alors que le titre donné au manuscrit de Sydney est Journal of the voyage on the french corvette l’Héroine, mai 1844-janvier 1849.

De plus le récit fait souvent référence à un « commissaire » embarqué sur l’Héroine pour « mettre à profit dans nos différents atterrissages le talent du dessin et de la peinture, talent qu’il possédait à un degré élevé ». Les trois volumes du journal seraient en fait une compilation de textes et de dessins de mains différentes réunis par un relieur anglais et parvenus en Australie par on ne sait quelle voie.


Le diodam (Diadème) au fond de la vallée Pounaoia, f.30. DR

Cette hypothèse est vraisemblable lorsqu’on sait que les dessins circulaient entre officiers de marines se retrouvant aux escales. François Jacquin en a fait la démonstration dans le Journal de la Société des Océanistes n° 104, 1997-1, à propos d’une même scène de danse tahitienne attribuée successivement à Ch. Giraud, F. Marant-Boissauveur, R. Gillotin et L. Bouchant.

Hypothèse vraisemblable qui ne retire rien à la découverte du père O’Reilly. L’iconographie de Tahiti ne peut que se féliciter de son insatiable curiosité et pour notre part nous laisserons le crédit des dessins et aquarelles à Félix Marant-Boissauveur et celui du texte à un anonyme talentueux.


Blokaus, ancien camp dit de l’uranie et cimetière de Papeiti
(février-août 1846), f.42. DR


CHG

Pour en savoir plus

« Un marin dessinateur : Félix Marant-Boissauveur »
Bulletin de la Société des études océaniennes n° 208, septembre 1979

« Le pseudo Marant-Boissauveur » par François Jacquin
Journal de la Société des Océanistes n° 107, 1998-2

« De Constantinople à Tahiti : seize ans d’aquarelles autour du monde,
1840-1856 » François Jacquin, Editions Kartala

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