Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Sebastien-Charles Giraud -

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Sebastien-Charles Giraud, peintre du protectorat


Peintre et dessinateur français, il est le frère du pastelliste de renom Eugène Giraud qui fut son maître. Il participe à l’expédition militaire que le roi Louis-Philippe envoie en Océanie de 1843 à 1847 comme dessinateur de la Marine au côté du gouverneur Bruat. Il est certainement, bien avant Paul Gauguin, le premier peintre français à se rendre aussi loin et aussi longtemps.


Tehiva, dessin, Papeete, 1843. DR Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie


Lors de son séjour, il fixe au crayon de nombreuses scènes, paysages et personnages mais bénéficie surtout de sa place privilégiée d’artiste du gouvernement en plein cœur d’une guerre coloniale : la guerre franco-tahitienne. Il réalise de nombreux croquis et dessins des combats qui serviront à son retour en France à réaliser des tableaux notamment la Prise du fort de Fautahua, une des plus audacieuses actions militaires de l’histoire coloniale française. Elle vit des militaires français n'ayant gardé que leur fusil à piston et des cartouchières, attaquer à revers une position escarpée de 600 mètres de haut, et s'en emparer, quasiment sans opposition, à la suite d'une dangereuse escalade.


Fare, dessin, DR

À son retour, il exécute Souvenir de Tahiti (1853, Nîmes, Musée des beaux-arts) que lui commande l’Administration des Beaux-Arts. Son œuvre est une source précieuse qui témoigne d’épisodes clés de l’histoire tahitienne. Il rapporte de Tahiti des centaines de dessins qui couvrent un large éventail de sujets d’études : son fare et sa vahine, la ville de Papeete naissante, avec ses fortifications et ses petites maisons en bois à vérandas, les Polynésiens et leurs activités. La nature aussi l’intéresse, la montagne surtout. Charles Giraud va préférer les sites montagneux de la guerre franco-tahitienne aux sites maritimes.



Souvenir de Tahiti. L’influence orientaliste transparaît dans ce tableau peint sans doute après son retour en France. Giraud reconnaissait la difficulté de peindre à Tahiti où « le soleil colore mal les objets, où tout est noir le matin, et où le soir seulement c’est passable ». DR. Musée des Beaux-Arts de Nimes

Comme le souligne Viviane Fayaud dans son ouvrage « Le paradis autour de Gauguin », ce parti pris est peu commun pour un artiste de l’époque, qui parcourt les hauteurs et offre au public des gravures et des paysages dont la montagne est le dénominateur commun.

Mais la majeure partie de sa « collection » réside dans les portraits, comme il le dit lui-même :

« En paysage, j’ai fait peu de choses, des croquis, pas une étude à l’huile. Je me suis livré complètement au portrait, c’est-à-dire que j’ai beaucoup de têtes d’études peintes chez moi. C’est une véritable galerie de cartons, tous les grands hommes de Tahiti y sont représentés en grand costume » ; les portraits de Tati et Pomare IV notamment.


‘Aimata. Huile sur carton. DR. Musée des arts Africains et Océaniens


Il est décoré de la Légion d’Honneur à l’âge de 28 ans et est présent de manière régulière au Salon de Paris. En définitive, plusieurs voyages déterminent l’orientation de son art et de sa carrière. L’expédition en Laponie en compagnie de Lauvergne et de Pierre Biard à bord de la corvette La Recherche ou encore la mission scientifique au Groenland et en Islande avec le prince Napoléon à bord du yacht impérial La reine Hortense. Tahiti reste cependant une étape majeure dans son parcours initiatique.

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