Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les illustrateurs des voyages de Cook -

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Les illustrateurs des voyages de Cook


Les voyages des circumnavigateurs du XVIIIème siècle avaient pour objectif principal la recherche de la « terra Australis incognita » qui, dans l’hémisphère sud était censée faire contrepoids aux terres de l’hémisphère nord.
Grace aux trois voyages qu’il effectua entre 1768 et 1779 James Cook mit à mal cette théorie mais, en revanche découvrit, positionna et nomma la plupart des pays et archipels du Pacifique sud.

Ces voyages de « découverte » furent aussi l’occasion de formidables collectes d’informations scientifiques. L’Amirauté exigeait en effet des marins qu’ils se fassent accompagner de savants : astronomes, naturalistes mais aussi de dessinateurs capables de moissonner toutes les informations visuelles qu’ils avaient pour mission de capturer.

Ces collectes vinrent enrichir les musées d’histoire naturelle européens mais contribuèrent aussi à préserver les traces de cultures et de sociétés que le contact avec ces mêmes Européens allait amener à faire disparaître.
C’est au titre de « dessinateurs officiels » que furent donc engagés par Cook successivement Sydney Parkinson, William Hodges et John Webber. Ils avaient en commun de ne pas être des artistes de premier plan et d’être assez jeunes pour supporter les dures conditions de ces expéditions.


Portrait de S.Parkinson, Library of New South Wales.

Leur travail devait en premier lieu servir à illustrer le récit officiel des voyages et en cela les gravures tirées de leurs dessins correspondaient à ce que le goût de l’époque attendait : des attitudes corporelles, des vêtements la plupart du temps inspirés par les antiquités grecque et romaines qui se coulent dans le moule philosophique de la Nouvelle Cythère.


Portrait de W. Hodges

Mais au delà de cet académisme ils composèrent un corpus d’esquisses, de dessins préparatoires, de lavis qui, resté dans les archives publiques ou privées, forma une réserve inestimable pour ceux qui voulurent plus tard étudier les sociétés océaniennes.


Portrait de J.Webber par J.D.Mottet

Le père P.O.Reilly, éminent océaniste, a le mieux compris la démarche de ces artistes lorsqu’il écrit : « Ces hommes, qu’ont-ils vu ? Et comment nous ont-ils rendu ce qu’ils voyaient ?

Ils ont vu ce que voyait Cook et ce qu’il nous décrit : les débarquement prudents dans l’île, avec une volonté bien établie de paix et de bonne harmonie ; les premiers contacts et l ‘organisation des escales ,avec les aiguades , le troc, les cadeaux mutuels ; les promenades d’exploration par mer autour des îles ou à l’intérieur des terres ; et surtout ces curieux spectacles d’une civilisation différente : fêtes de tous genres, danses, cérémonies religieuses sur les marae, offrandes aux morts, manifestations nautiques….

Ils n’en croyaient pas leurs yeux et, assis par terre tiraient leurs carnets de croquis. D’un crayon rapide, ou bien d’un lavis délicat, ils se hâtaient d’y fixer l’essentiel de la scène notant par ailleurs avec soin, en cent « remarques » successives, le drapé d’un costume ou l’allure d’une coiffure de cérémonie, le détail d’un instrument de musique, l’aspect précis d’une cabane en fibres végétales…
»

Nous leur devons une reconnaissance infinie pour cette documentation qui livre, mieux que les mots, la réalité d’une civilisation que sans ces dessins nous connaitrions bien peu.

Bibliographie :

Peintres de Tahiti, Patrick O’Reilly, Les Nouvelles Edition Latines.

European vision and the South Pacific 1768/1850, Bernard Smith, Oxford Paperbacks.

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