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Brève histoire du tabouret d’Omai
En 1986, à l’occasion d’une vente aux enchères chez Christies, le Musée de Tahiti et des îles eut l’occasion d’acheter un nohora’a ou siège que seuls les personnages de haut rang possédaient.

Omai représenté avec son nohora’a par N.Dance
Celui mis en vente venait de la famille Furneaux, celle du capitaine de l’Adventure, le second navire de la seconde expédition, qui avait recueilli à son bord Ma’i et qui en était devenu le taio (ami tahitien qui prenait en charge un européen lors de son séjour et qui en échange était souvent le premier destinataire des cadeaux). Tobias Furneaux fut le récipiendaire de ce tabouret probablement sculpté dans une seule pièce de mara ( Neonauclea forsteri), bois dur et lourd qui devient imputrescible quand il est plongé dans la vase. A la rareté de l’objet s’ajoute le fait qu’il est représenté sur une gravure figurant Ma’i et qu’il est resté plus de deux siècles dans la famille Furneaux.
Ma’i fut également l’inspirateur de nombreux récits et le sujet principal d’une pantomime « Omai or a trip round the world » créée par O’Keefe et jouée à Covent Garden. Les costumes, dessinés par de Loutherbourg nous sont connus par les nombreuses reproductions qui en furent faites. Son interprétation des habits des Tahitiens tels que les illustrateurs des voyages de Cook avaient pu les voir et les reproduire alimenta l’imaginaire occidental féru de culture gréco-latine qui continuait à se représenter Tahiti comme une Nouvelle Cythère.

Dessin du tabouret d’Omai. DR
